HEROIC GUYNEMER 100 YEARS AGO

Here is a tribute to Captain Georges GUYNEMER who was killed in action on September 11th, 1917. Three months earlier, he fought with Ernst Udet, the ace who came up 2nd after the Red Baron. You can watch hereafter how this dogfight reportedly happened, and how these fighter pilots had the gut to keep honor above all:

Georges Guynemer, French Air Force pilot and WWI ace
Georges Guynemer by « Lucien » – Jebulon https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Jebulon

Remember Guynemer’s mottos:

FAIRE FACE (face up to it) was then adopted by the French Air Force Academy (FAFA) as their motto. A few words that well expresse the French pilots’ bravery.

WWI French ace Georges Guynemer used to say:

« Il y a une limite à toute chose, et il faut toujours la dépasser. »

‘Everything has a limit which has always got to be surpassed.’

« Lorsque l’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. »

‘As long as you have not given your all, you have given nothing.’

Loyal to these principles, the French ace took part in several hundreds of aerial combats, crediting 53 victories, maybe 88 victories because the French victory validation system was demanding. He was shot down seven times, and he was admired for he always survived, but that September 11, a hundred years ago. The hero took off once again, dashed to the frontlines, outnumbered by German warplanes in a last dogfighting over Belgium. Then, he fell. Since then, the French Air Force aviators have worn a black tie in sign of mourning.

RIP

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UNE AUTRE HISTOIRE DE L’AVIATION À LA FORÊT DES LIVRES

Léo Villots avec Tombe la nuit et Toni Giacoia avec Une autre histoire de l'aviation dans l'allée des auteurs indépendants à La forêt des livres du 27 août 2017, festival du livre de Gonzague Saint Bris à Chanceaux-près-Loches dans l'Indre-et-Loire, en Touraine
       Léo Villots et Toni Giacoia à La Forêt des Livres 2017

 

 

Les feuilles bruissaient à n’en pas douter, au passage de l’âme de l’hôte des lieux. Gonzague Saint Bris en avait fait « un Woodstock de la littérature » selon les Américains. La XXIIe édition de La forêt des livres s’est déroulée comme prévu même si prise de chagrin comme Gonzague s’en est allé si brusquement il y a quelques jours, le 8 août sur cette petite route de Normandie.

Dix-neuf jours plus tard, le dimanche 27 août 2017. Dès mon arrivée à l’aurore, tout est très bien organisé. Les bénévoles, souriants, orientent les auteurs vers leurs destinations. Ça sent la joie, l’accueil des retrouvailles, comme un retour aux sources. En arrivant sur les lieux à la fois ensoleillés et ombragés par d’immenses feuillus, on comprend mieux l’ambition de Gonzague. On le sent tout de suite. Il y a une atmosphère unique, propice à la communion des cultures, des arts, des lettres et de la nature. C’est ainsi qu’il l’avait voulue. Faire revenir les feuilles des livres près de leur source, à l’air vivifiant de la forêt. L’aube y développe ses senteurs sauvages, florales et boisées. Un lac et un ruisseau s’y reposent, aux pieds du Chalet des Chasseurs avec ses façades peintes et ornées de trophées de la vénerie, et son balcon, pinacle du festival. C’est là que Gonzague communiait avec l’auditoire mais c’était souvent à ses amis qu’il donnait la parole. Après cette promenade dans ce site naturel presque vide mais déjà bien affairé, j’installe mon stand qui est, par hasard, le tout premier à gauche en venant du haut de l’allée des auteurs indépendants.

La Forêt des Livres et le Chalet des Chasseurs et sa façade avec l'escalier et le balcon
Le Chalet des Chasseurs, la tribune de Gonzague Saint Bris pendant 22 festivals littéraires, pourrait accueillir d’autres éditions, ce que tous espèrent.

D’abord peu nombreux, les écrivains et quelques éditeurs installent tour à tour leurs ouvrages. Les célébrités arrivent un peu plus tard en groupes. Smaïn me serre la main avec un mot rapide sur l’histoire de l’aviation, très sympathique, puis vient l’afflux des visiteurs. Cette journée pas comme les autres commence par une messe au cœur du village en hommage à Gonzague, l’érudit du pays visiblement tant aimé. Tous ne peuvent pas entrer dans l’église et les fidèles s’agglutinent à l’extérieur de l’enceinte équipée de haut-parleurs autour de la foule en plein soleil pour la cérémonie religieuse. Je discute ensuite avec plusieurs auteurs, tous très intéressants, notamment Farhad Daneshmand, un auteur indépendant qui vient de publier Les paroles d’un jour, un recueil de courtes réflexions d’un jour qui en disent long sur la vie.

 

Farhad Daneshmand devant ses livres
Farhad Daneshmand devant ses livres

J’ouvre un de mes livres pour le présenter au chapitre 7, « Merveilleux fous volants », un autre sur la superbe machine volante de Gustave Whitehead, et Maxime Lenoir est en couverture. Cela devrait suffire pour discuter sur ces thèmes. En discutant avec mon voisin de stand, je lui dis que si ça se trouve, et je le sens, je ne vendrai aucun livre. Car si il se vend assez bien sur internet (210 livres en 9 mois), et qu’il a été très bien accueilli par les spécialistes, la critique, et les commentaires, il n’a jamais eu de succès dans les foires aux livres: 2 vendus à Livre Paris, 2 à Chartres, 1 à Amboise pourtant pleine de touristes et très concernée par les sujets traités. Mais qu’importe, je suis heureux d’être là. Soudain, je reçois la visite de Léo Villots, venu en famille, un auteur prometteur qui a publié Tombe la nuit… et avec lequel j’avais déjà fait connaissance sur la Toile. Je suis ravi de le voir enfin dans le monde réel, dans ce cadre verdoyant, cette terre du livre, et c’est avec joie que nous parcourons quelques pages de son livre que j’aimerais bien lire un de ces jours. Mais il est très occupé lui aussi et je ne le sais pas encore, mais nous n’aurons plus le temps de nous revoir de la journée.

Livre Une autre histoire de l'aviation merveilleux fous volants Ladougne et sa bicyclette volanteÀ partir de dix heures, il y a plus de monde. On attend entre 60 000 et 100 000 visiteurs cette année. Quelques curieux posent des questions, puis très vite ça n’arrête plus et cela me surprend vraiment car à Livre Paris, je n’avais pas été autant sollicité. Les cartes de visites partent, les amateurs de littérature feuillettent allègrement, les demandes de dédicaces commencent enfin. À un moment, j’avais quatre livres dédicacés à garder dans un carton car il est assez lourd (1,5 kg pour 550 pages) pour se promener avec.  Lorsque je demande au passage, si quelqu’un sait qui était le meilleur as de Verdun au plus fort de la bataille, j’ai la surprise de voir que quelques-uns connaissaient déjà Maxime Lenoir, l’as tourangeau. Après tout il vient de Chargé, près d’Amboise. Ce n’est pas si loin de Chanceaux-près-Loches. Les articles de Didier Lecoq commencent à produire leur effet car Maxime Lenoir était un pilote héroïque mais longtemps oublié puisque porté disparu.

Ce qui m’a le plus surpris, c’est que beaucoup savaient que les frères Wright n’avaient pas été les premiers à avoir volé et inventé soi-disant tout de l’aviation. Mais encore plus surprenant, certains connaissaient les merveilles d’invention de Gustave Whitehead. Par contre, personne ne connaissait Gustave Trouvé, le fabuleux inventeur de Descartes, comparé à Edison dans le livre de Kevin Desmond. Un visiteur très intéressant lui aussi, savait que des religieux avaient osé émettre l’hypothèse du vol humain avant les Lumières. J’en ai profité pour louer les mérites des Blériot, Pégoud, Farman, Voisin, Guynemer, Cayley, d’Esterno (que personne ne connaissait), Ader, Chanute, et bien sûr pour encourager les passionnés à s’engager pour le B.I.A., le Brevet d’Initiation Aéronautique. Il y avait des pilotes de planeur, PPL, IFR et même un pilote CPL, des anciens d’Air France, de l’Armée de l’air et des passionnés, des modélistes, spotters et curieux de tout. Tout le monde peut venir à La forêt des livres mais il y a indubitablement un public cultivé qui s’y déplace en masse pour butiner les feuilles des livres proposés et surtout pour aller à la rencontre des auteurs devant leurs ouvrages, à ciel ouvert.

Je plie le stand à 19h00 et comme Richard Bohringer attend en face pour qu’on l’emmène, je lui serre la main et lui dit tout le bien que je pense des ses émissions radio passées où ils racontait merveilleusement bien ses histoires sur l’Afrique et aussi les boxeurs, ses histoires vécues avec beaucoup de passion. D’ailleurs, il venait de signer son livre Quinze rounds qui a reçu de bons commentaires. Cette brève mais agréable rencontre résume bien la journée pour la clôturer. La culture a pris rendez-vous avec la nature depuis 22 ans et même s’il y a un doute pour la suite, tous veulent que cela continue.

Les visiteurs, les petits auteurs, les stars et les grands écrivains, tous se côtoient. C’était aussi cela, l’ambition de Gonzague, le fruit de son amitié, de son ouverture. Je ne connais pas, pour l’instant, d’événements littéraires qui acceptent autant d’auteurs indépendants. Presque tous inconnus, Maxime Chattam était présent tout de même. Que ce Chanceaux-près-Loches panneausoit en meeting aérien (500 € pour vendre un seul livre à un meeting où il n’y aura que 20 000 visiteurs) ou dans les foires littéraires (nombreux refus car indépendant), c’est dur de se faire accepter. Néanmoins, j’ai dédicacé 10 livres. J’aurais pu en vendre une quinzaine si j’avais eu une connexion PayPal/carte de crédit. Je n’ai pu croquer un sandwich, grâce à mon épouse qui est venue m’aider, qu’après 15h00 tant le livre a eu du succès. Je rentre dans mes frais et surtout avec le souvenir de rencontres enrichissantes et amicales. C’était donc ça, La forêt des livres.

Un grand merci à Léo Villots pour ses photos.

 

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Festival LE LIVRE À METZ – Les Bases Aériennes Alliées En France Dans Un Nouveau Livre

Livre les Américains en France - histoire et aviation en Lorraine à ToulLe festival du livre de Metz accueillera des grands noms du 6 au 9 avril 2017: Richard Bohringer, Guy Bedos, Patrice Duhamel, Hubert Védrine et bien d’autres. Dans ce grand rassemblement culturel, un livre pourrait bien retenir l’attention des passionnés d’histoire et d’aviation: Les Américains en France.

Trois auteurs renommés ont entrepris de raviver la réalité des bases aériennes américaines qui étaient implantées en France, et plus particulièrement celles concentrées dans le nord-est de la France entre 1950 et 1967. Il s’agit du premier des quatre tomes qui vient de sortir chez Gérard Louis lequel était présent au dernier salon du livre de Paris.

Ce volet de l’histoire qui aborde la présence alliée en France n’est en fait pas très connu et pourtant il y a beaucoup de choses à redécouvrir. Les infrastructures et services assurés étaient considérables, au point d’impacter la démographie et l’économie de plusieurs villes et villages français. Par exemple, le village de Montmédy dans la Meuse a  vu sa population s’accroître de 70% à l’occasion de l’installation de la base aérienne canadienne de Marville dont la piste était… chauffée! La période ne concerne pas uniquement les bases aériennes et forteresses volantes américaines puisqu’elle nous conduit aussi sur une étude de nombreux aéronefs légers américains basés en France, de même que le vaste réseau sanitaire U.S. opérant sur l’Hexagone. De nombreuses photos d’archives nous donnent un aperçu de ce que pouvait être la base aérienne de Toul-Rosières à l’époque, ainsi que des avions et personnels qui s’affairaient autour de ces foyers de l’aviation militaire au service de l’Otan. Le livre montre que la guerre froide était prise très au sérieux du côté des Alliés et surtout de la part des Américains qui avaient tout préparé, jusqu’à l’éventualité d’une attaque. Le livre révèle qu’ils étaient prêts dans les moindres détails et pas seulement dans le ciel. Ce livre devrait ravir les passionnés d’histoire de l’aviation et de la guerre froide ainsi que les familles qui ont vécu cette période de leur vie ou par les histoires de leurs aînés.

Ce livre a été écrit en collaboration par:

  • Pierre-Alain ANTOINE, auteur, historien, conférencier et ancien Directeur de la Patrouille de France. Il sera présent le vendredi 7 avril pour des séances de dédicaces;
  • Pierre LABRUDE, auteur, historien, conférencier et ancien pharmacien chimiste en chef de réserve du Service de santé des Armées;
  • Fabrice LOUBETTE, auteur, historien et conférencier, pilote privé, spécialiste des forces aériennes de l’OTAN en Lorraine, il anime aussi les sites www.france-air-otan.net et france-air-otan.blogspot.fr. Il fera des dédicaces au festival à Metz le dimanche 9 avril 2017.

Couverture livre - Les Américains en France

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UNE AUTRE HISTOIRE DE L’AVIATION – Le Livre Vient de Paraître

UNE AUTRE HISTOIRE DE L'AVIATION, le livre

Le MEILLEUR AS de la BATAILLE DE VERDUN fut OUBLIÉ pendant UN SIÈCLE !

Il s’appelait Maxime Lenoir. Les combattants allemands le connaissaient comme le loup blanc. Ses exploits furent cités dans la presse française et étrangère. Il était l’aviateur tourangeau le plus célèbre en 1916.

Vous pouvez taper « Maxime Lenoir », ou « une autre histoire de l’aviation » dans la recherche sur Amazon.

Le livre en résumé:

Régulièrement, on nous sert une histoire de l’aviation différente d’un pays à l’autre, qu’on soit en France, au Japon, en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis.

  • Connaît-on vraiment l’œuvre de Clément Ader?
  • Pourquoi maintient-on que les frères Wright ont volé les premiers, et ont même tout inventé de l’aviation (pourquoi pas, tant qu’on y est!) alors que Gustave Whitehead aurait volé bien avant eux?
  • Pourquoi la première montgolfière fut un événement aussi important que l’alunissage d’Apollo 11?
  • Quel est ce génie qui faisait voler des drones électriques (oui, oui, vous avez bien lu!) en Indre-et-Loire au XIXe siècle?
  • Pourquoi Léonard de Vinci aurait-il été ravi d’assister à un spectacle en mai 1914 près d’Amboise, lieu de sa dernière résidence?
  • Pourquoi Maxime Lenoir, le meilleur pilote de chasse de la bataille de Verdun est-il resté si peu connu pendant un siècle?

Ces questions et bien d’autres vont être abordées dans une autre vision de l’histoire de l’aéronautique. Des toutes premières tentatives relatées dans le monde, aux ballons à air chaud à l’aube de la Révolution française, jusqu’à ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines. Il s’agit de retracer ce qui a fait que l’homme vole depuis l’antiquité jusqu’à 1916. La seconde partie est consacrée à l’as Maxime Lenoir et l’importance de la guerre aérienne lors de la Première Guerre mondiale, au dessus des tranchées dans le ciel de Verdun.

Cet ouvrage s’adresse à un large public: aux curieux, aux passionnés, aux chercheurs et aux étudiants du BIA (Brevet d’Initiation Aéronautique) et CAEA (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Aéronautique) pour lesquels un module du cursus est consacré à l’histoire de l’aviation et de l’espace. De nombreuses images, vieilles photos et cartes postales anciennes illustrent cet ouvrage pour témoigner de cette fabuleuse épopée, cette aventure humaine qui finira au bout d’un long périple par conquérir l’air et même par guerroyer dans le ciel.

Il est conseillé d’attendre pour la version e-book. Une nouvelle version sera proposée. Le livre broché est par contre très réussi. Il est disponible sur Amazon: http://amzn.eu/hNVuTjH
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L’AS DE VERDUN CÉLÉBRÉ

Crash Maxime Lenoir Verdun Tombe Six obus par mètre carré sont tombés pendant la bataille de Verdun. Des milliers de vies furent emportées pendant 300 jours. Comme beaucoup d’autres villages, Chargé égrène ses morts pour la France en ce matin du 11 novembre 2016. Dans ce sinistre décompte, chaque poilu tombé reste un drame, une douleur dans chaque famille. LENOIR Maxime figure dans cette longue liste. Il fut porté disparu le 25 octobre 1916 jusqu’à ce que le journaliste Didier Lecoq ne découvre une photo d’un collectionneur berlinois qui montre un SPAD VII disloqué avec une croix plantée et gravée par les Allemands pour rendre les honneurs à celui qui fut l’as de Verdun. Les pilotes allemands redoutaient ses attaques, pourtant souvent solitaires. Seuls les as avaient ce privilège. Si Jean Navarre est toujours reconnu comme « la sentinelle de Verdun », cette disparition laissant peu de traces a plongé Maxime Lenoir dans l’oubli pendant presqu’un siècle. Le mystère empêchait le deuil et la commune attendait une confirmation pour célébrer son héros. C’est fait. Il avait déjà été célébré le 19 septembre 2014 comme le héros de Tours et de l’Indre-et-Loire mais il y avait toujours des incertitudes sur sa disparition. Depuis ce matin, l’école du village de Chargé s’appelle désormais École Maxime Lenoir. Le maire de la commune Pascal Dupré et son adjointe Marie-Noëlle Mailliez décidèrent en janvier de préparer une journée de commémoration. Il faut quand même rappeler que Maxime Lenoir faisait partie des quelques rares pilotes avant la guerre à pouvoir réaliser dix loopings d’affilée dès février 1914. Il faisait le tour de France pour donner des shows aériens avec son numéro Looping the loop, bouclant la boucle.

Maxime Lenoir aeroplane Looping the Loop sur Blériot XI

Son talent et son courage lui ont ensuite permis de se retrouver parmi les meilleurs pilotes de chasse au monde, cités dans la presse internationale. D’après le journaliste Jacques Mortane, l’avion de Maxime Lenoir était connu comme le loup blanc. Toujours derrière les lignes ennemies, son biplan rentrant souvent criblé de balles, le destin de l’as de Verdun s’est arrêté là, à quelques kilomètres au nord du fort de Douaumont, au lendemain de la reprise du bastion par les poilus. Douaumont reconquis, le général von Falkenhayn savait que la suite de la guerre serait très dure pour les Allemands.
Photo musée de l'air et de l'espace MA 33504 Navarre Fequant Lenoir Si on se souvient des fantassins qui ont tout donné dans les tranchées pour tenir leurs positions à Verdun, on oublie trop souvent que la bataille de Verdun s’est jouée dans les airs et que les pilotes de chasse n’étaient pas nombreux pour affronter les terribles Fokkers des Allemands en février 1916. Lorsque le général Pétain devant ses lignes exsangues, demande au commandant Charles de Tricornot de Rose « De Rose, je suis aveugle ! Balayez-moi le ciel ! Sinon, c’est simple, Verdun sera perdue. » Et si Verdun avait été perdue, la France aurait probablement perdu la guerre. Lenoir à l’escadrille N23 et son ami Navarre à la N67 voisine seront les fers de lance sur leurs nouveaux Nieuport et SPAD. Leurs efforts seront renforcés d’escadrilles dotées du Farman F.40 qui anéantiront à la fois les ballons Drachen lourdement défendus et mettront à la peine les Fokkers. Le bras de fer gagné dans le ciel de Verdun, l’artillerie française reprendra l’avantage pour anéantir les espoirs de von Falkenhayn. Navarre blessé, Lenoir va devenir l’as comptant le plus de victoires sur Verdun, il sera le premier à abattre un Drachen officiellement, le premier à abattre un bombardier Gotha avant même Guynemer. Il va enfin devenir le premier double-as mort au combat, le troisième as français abattu après Pégoud et de Rochefort.
En cette journée du souvenir, des enfants de l’école de Chargé chantent la Marseillaise devant le monument au mort. Jamais le village n’a connu une telle affluence pour le 11 novembre. Il faut dire que la commune a tout prévu pour cette journée dédiée aux poilus, qui est aussi le centenaire de la mort de Maxime Lenoir. Après la mise en place, le maire accueille la députée Claude Greff, le secrétaire général de la préfecture d’Indre-et-Loire Jacques Lucbereilh, le conseiller départemental Rémi Leveau, et l’inspecteur de l’éducation nationale Patrick Seweryn. L’armée de l’air est venue en nombre, les associations d’anciens combattants et retraités militaires de l’armée de l’air aussi pour rendre hommage aux morts pour la France et plus particulièrement à l’as de Verdun. Sans le président de l’Armil 37, Michel Camus, qui tenait à participer à l’événement, il n’y aurait pas eu de porte-drapeau. C’est Charles Bonté qui a répondu à l’appel ce jour-là pour honorer les morts au combat. Le village leur doit une fière chandelle.
Blériot XI Jean-Yves Valor La veille, un Blériot XI fut courageusement acheminé depuis la Haute-Vienne par Jean-Yves Valor et l’association Les Ailes Limousines dans la salle des fêtes. Après la cérémonie devant le monument de la Première Guerre mondiale, le maire et les officiels font des discours très appréciés qui rappellent le sens de cette manifestation devant la famille Lenoir, Abel Anjorand (l’historien local), Philippe Girard (dont la famille jadis accueillit l’acrobate du ciel dans leur ferme de la Girardière), et Didier Lecoq, sans lesquels rien ne serait jamais arrivé. Et notamment cette inauguration qui était impensable il y a seulement trois ans. C’est aussi grâce au groupe de travail mis en place avec les adjoints au maire Marie-Claude Métivier, Gérald Letourmy et bien d’autres villageois. Le maire et deux élèves dévoilent une superbe plaque à l’entrée de l’école du bourg avec la silhouette du pionnier de l’aviation qui fut jadis un écolier dans cet établissement. La aussi, la boucle est bouclée. Le maire vient de rappeler dans son discours que Maxime Lenoir avait été vigneron avant d’être pilote et que déjà il préférait les loopings aux tonneaux. Soudain, comme un miracle, trois Alphajets de l’École de l’Aviation de Chasse de la base aérienne 705 défilent au-dessus de l’école et la mairie, puis font un second passage de nouveau sous les applaudissements le long de la Loire. Comme pour rappeler que Maxime Lenoir fut porté en triomphe devant la mairie après avoir produit ses merveilleux loopings sur Blériot XI à la mi-mai 1914.
Une très intéressante exposition couvre une grande partie de la salle sur le Farman F.40, jadis très engagé dans la reconquête aérienne à Verdun. Les entreprises Farman, Corvaisier et Galilé, implantées à Joué-les-Tours apportent ainsi leur soutien. De même l’association Ailex et Classique Aéro d’Orbigny exposent un moteur Le Rhône 7A et plusieurs pièces de Blériot. La salle polyvalente a un air de petit musée du Bourget avec ces reliques d’une aviation d’un autre âge. Rien d’étonnant à cela car le Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget a apporté son concours grâce à quelques photos ô combien précieuses car elle permettent de deviner l’importance de l’aviation dans la victoire à Verdun. L’après-midi est consacré aux expositions dont celle de la classe de Virginie Charbonnier, enseignante à Chargé, remarquablement enrichie par les uniformes, armes et ustensiles d’époque pour revivre l’atmosphère des tranchées et la conquête de l’air vécue par le pionnier local de l’aviation. Dans la collection de Claude Peyon, un témoignage poignant est exposé : un livret taché du sang de son grand-père alors sur le front, remis à sa grand-mère pour lui signifier son décès. Parmi toutes ces pièces de collection, on ne peut pas manquer la superbe maquette du SPAD VII « Trompe la Mort III » réalisée par l’association Delta Reflex présidée par Jean-Pierre Bézard en soutien à la BA 705 dans cette commémoration. C’est avec un talent d’orfèvre que Claude Bodier a monté le haubanage du biplan qui est maintenant confié à la commune.
Puis vient le temps des conférences et débats. Didier Lecoq retrace la carrière de Maxime Lenoir. L’auditoire est bien servi car le conférencier n’est autre que le journaliste qui a le premier fait resurgir le héros de Chargé il y a plusieurs années. Enfin le lieutenant-colonel Romain Béthoux explique comment la guerre aérienne se faisait et comment elle a lieu de nos jours. Les spectateurs écoutent avec grand intérêt le témoignage de cet expert qui, avant de devenir le commandant de l’École de l’Aviation de Chasse, était tout de même le leader de la Patrouille de France. L’auditoire écoute subjugué lorsqu’il raconte comment des avions à réaction peuvent enchaîner des figures à seulement deux mètres de distance. Les questions pleuvent mais le brillant pilote a toujours la réponse.
Tout au long de la journée, les familles emmènent les plus petits à la cabine du Jaguar exposée par le CIRFA. Dans la salle Julia Daudet (expositions) un projet de livre sur l’histoire de l’aviationCommémoration Maxime Lenoir 11 novembre 2016 école est présenté avec en seconde partie l’histoire de Maxime Lenoir. Il sera publié prochainement. Sa sortie sera annoncée à la page http://airforces.fr/pall/. Une brève présentation du BIA-CAEA est également faite pour ceux qui souhaitent s’initier aux joies de l’aéronautique. Avec le superbe chalet crêperie-buvette, ce 11 novembre à Chargé ressemble à un mini salon de l’histoire et de l’aviation. Même le soleil est de la partie. On n’a jamais vu un 11 novembre de la sorte et cela pourrait bien, pourquoi pas, donner des idées à d’autres communes. Encore faut-il avoir un pilote de cette étoffe dans sa ville pour réaliser un hommage de cette envergure. Il fut un des très rares pilotes à recevoir à la fois la grande médaille d’or de l’Aéro-Club de France et la médaille de guerre de l’Aero Club of America. L’enfant du pays est en quelque sorte revenu sur la terre de ses premiers exploits. Mais l’histoire ne se termine pas vraiment. Des recherches sont toujours menées pour tenter d’en savoir un peu plus. Et puis d’autres belles surprises pourraient venir du ciel dans les années à venir, mais nous en saurons plus bientôt…

Toni Giacoia

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