ALPHAJET SOLO DISPLAY ET MAXIME LENOIR DE NOUVEAU DANS LE CIEL

Alphajet Solo Display 2017 avec dérive MAX de Maxime Lenoir
ALPHAJET SOLO DISPLAY 2017

Ils seront à Limoges ces samedi et dimanche, 8 et 9 juillet 2017. Et de belle manière! C’est l’équipe de la nouvelle présentation acrobatique Alphajet Solo Display qui a plaidé en faveur de l’as tourangeau. Maxime Lenoir, le virtuose du looping en 1914 sur Blériot XI, le meilleur as de la bataille de Verdun sur son Nieuport « MAX » puis son SPAD VII « Trompe la Mort »! Alors que les combats font rage, il est porté disparu le lendemain de la reprise de Fort Douaumont, au nord de Verdun, le 25 octobre 1916. Il est ensuite oublié pendant presque un siècle.

Maxime Lenoir sur avion MAX Nieuport
(Maxime Lenoir n’est pas né à Paris mais à Chargé dans l’Indre-et-Loire)

Maxime Lenoir aurait pu rester au fond des oubliettes. Heureusement que le journaliste et auteur Didier Lecoq retrouva la trace de ce virtuose de l’air il y a quelques années. Il parvient à le faire reconnaître au niveau national puisque Maxime Lenoir est retenu pour être mis à l’honneur le 19 septembre 2014. Il est cité comme le héros de l’Indre-et-Loire dans l’opération 100 villes, 100 héros, 100 drapeaux. L’as tourangeau est ensuite célébré dans son village natal de Chargé dans l’Indre-et-Loire à l’occasion de la commémoration de l’armistice le 11 novembre 2016 et du centenaire de sa disparition. Une plaque est apposée à l’entrée de l’école à côté de la mairie. Le même jour, elle est baptisée « École Maxime Lenoir ». Il serait trop long d’énumérer ici les prouesses de l’aviateur civil puis militaire qu’était Maxime Lenoir. Vous trouverez plus d’informations ici: aeroplanedetouraine.fr et là: airforces.fr et notamment dans la deuxième partie du livre Une autre histoire de l’aviation.

Dérive Alphajet Solo Display 2017 avec MAX de Maxime LenoirRevoir MAX en bleu-blanc-rouge sur un avion était encore impensable il y a quelques mois. De même il était impensable de revoir la présentation acrobatique Alphajet Solo Display, stationnée à l’École de l’Aviation de Chasse de Tours. Ses deux futurs pilotes « Filou » et « Jim », comme par hasard, font partie du trio qui survole Chargé en hommage à l’enfant du pays qui était aussi l’as de Verdun au plus fort de la bataille. Peu de temps après, ils s’entraînent durement avec l’aide de leur coach « Zippo », un ancien pilote de la Patrouille de France, pour peaufiner des numéros aussi audacieux que les loopings de Maxime Lenoir sur son Blériot XI « Backjumper ». Maxime aurait sans doute aimé voir cela, lui qui sauvait la vie de ses camarades en osant des parades acrobatiques au milieu des Fokker en chasse, sur son Nieuport « MAX » et en Caudron et SPAD « Trompe la Mort ». Les mécaniciens ont accompli un travail d’orfèvre en peignant les motifs à tribord de l’escadrille SPA 85 « La folie » dont c’est le centenaire cette année. On reconnaît Eugene Bullard, le boxeur et pilote de chasse de l’escadrille Lafayette, qui a fait l’objet de recherches méticuleuses de Robert Pezzani car ce pilote américain de couleur (rares à l’époque) volait à centre américain de formation au pilotage à Tours, sur l’actuelle base de Parçay-Meslay. C’est à bâbord qu’on distingue clairement la silhouette du buste de Maxime Lenoir avec un magnifique MAX en bleu-blanc-rouge comme autrefois. Jim a disposé les éléments et même redessiné l’inscription « Ajt Lenoir » sur le modèle des peintures sur fond bleu qu’on peut voir sur les fuselages de la Patrouille de France. Celle de l’Alphajet E42 du Solo Display est particulièrement réussie car elle est sur fond blanc. Ceux qui ont eu la chance de l’approcher peuvent témoigner de la beauté de l’ensemble.

Dérive Alphajet Solo Display 2017 avec l'escadrille SPA85 La Folie et Eugene Bullard

De même que MAX repart pour des séries de boucles et de vrilles, l’Alphajet Solo Display renaît de ses cendres. Les deux pilotes tourangeaux on commencé leurs représentations en France et en Espagne (à Léon). Ils ont survolé les 24 Heures du Mans le 17 juin. D’après ce qui est prévu, pour l’instant, ils seront à l’affiche aux meetings aériens suivant:

La performance physique, le travail et l’expérience ont produit une performance artistique très appréciée des spectateurs qui reconnaissent volontiers que ce spectacle vaut le détour.

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CATHERINE MAUNOURY REINE DES AIRS LORS DE LA REMISE DES DIPLÔMES BIA-CAEA 2017 À CHARTRES

Diplômes du CAEA 2017 à Chartres
Lauréats du BIA et du CAEA 2017 à Chartres

C’est dans une ambiance bon enfant que s’est déroulée la remise des diplômes du BIA (Brevet d’Initiation Aéronautique) et du CAEA (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Aéronautique) à l’aérodrome de Chartres samedi 1er juillet 2017.

La cérémonie était présidée par Jean-Jacques Wald, coordonnateur académique aéronautique et spatial qui à cette occasion, représentait la rectrice de l’Académie d’Orléans-Tours, Katia Béguin. De nombreux officiels assistaient à l’évènement: la FFA (Fédération Française Aéronautique), de l’Éducation nationale (dont le coordonnateur du BIA pour l’Indre-et-Loire, Claude Fillet) et de l’Armée de l’air qui animait plusieurs stands.

PITTS avion biplanLes CAEA ont commencé à être remis un par un devant plusieurs centaines de personnes dont beaucoup de jeunes passionnés d’aviation.

Les diplômes BIA étaient bien plus nombreux et nécessitaient une organisation qui prenait place dans les hangars avion.

À titre de comparaison, il n’y avait que quatorze diplômes du CAEA pour quelques centaines de diplômes BIA

L’Armée de l’air a ensuite offert un livre de bandes-dessinées «Buck Dany» à tous ceux qui ont obtenu mention très bien au BIA.

Catherine MAUNOURY sur son EXTRA 330

 

Ce n’était pas le plus beau premier juillet qui soit, de mémoire d’aviateur, comme en témoigne le parapluie sur la première photo. Malgré la météo, les sourires étaient sur toutes les lèvres et le show pouvait débuter avec notamment un superbe Pitts au moteur surpuissant capable de suspendre l’appareil sur la tranche, oscillant dans toutes les positions et n’importe où dans le ciel.

Puis vint le tour tant attendu de la reine du ciel, Catherine Maunoury, qui enchanta les jeunes et anciens avec un numéro sur mesure, le plafond étant trop bas, le spectacle habituellement prévu était écarté car trop dangereux. Les spécialistes estimaient la base des nuages à moins de 1000 pieds (300 mètres).

Il est de rares pilotes dans le monde qui, lorsqu’ils quittent la piste, communient totalement avec leur machine. C’est un miracle de les voir évoluer dans les airs. Ces instants ont quelque chose de magique. Peu importe la grisaille, dès que ces virtuoses du ciel décollent, pour les petits comme pour les grands, c’est comme si le Soleil se levait, et même par temps maussade. Catherine fait partie de ces acrobates, ces chevaliers du ciel, comme en témoigne ce superbe reportage:

Bref, retour à Chartres en ce premier samedi de juillet 2017: Catherine s’élance sur son Extra 330 bleu aux parures oranges, pour des manœuvres réduites en hauteur et enchaîne immédiatement des chandelles, virages serrés, retournements, renversements, tonneaux, à facettes, le tout avec une précision et une vivacité qui provoque de nombreux applaudissements des spectateurs conquis.

S’ils n’avaient pas su qu’il s’agissait de la triple championne du monde, Ambassadrice du Musée de l’Air et l’Espace du Bourget et présidente de l’Aéro-Club de France, les amateurs auraient juré qu’il s’agissait de Kirby Chambliss aux commandes, l’Américain qui vient de remporter la dernière compétition du fameux Red Bull Air Race à Budapest. La performance de la célèbre Française est si physique et précise que peu d’hommes au monde peuvent rivaliser avec la virtuose de l’air.

Elle a ensuite eu la gentillesse lors du vin d’honneur, de poser avec Daniel Deneken (instructeur pilote qui œuvre pour le BIA dans la région Centre-Val-de-Loire et pour la conservation des avions anciens pour Canopée, à Chateaudun). À cette occasion, le livre Une autre histoire de l’aviation de Toni Giacoia était présenté au public au stand de la FFA qui lui a gentiment aménagé une place. Ce livre intéresse le BIA puisque des principes du vol y sont évoqués ainsi que l’histoire de l’aviation qui est un des cinq modules de cette formation diplômante. L’histoire de l’as Maxime Lenoir, pionnier de l’aviation et du looping, héros tourangeau de la bataille de Verdun, est abordée dans la seconde partie du livre. Le CAEA quant à lui, nécessite plus de travail car il est d’une valence Bac +2 et il est nécessaire pour enseigner et encadrer des classes de BIA.

Catherine Maunoury, Daniel Deneken et le livre Une autre histoire de l'aviation
                           Catherine Maunoury, Daniel Deneken et le livre Une autre histoire de l’aviation

Les échanges furent nombreux et tous sont d’accord pour dire qu’entre l’Éducation nationale, la FFA et l’Armée de l’air, le BIA représente une chance de partager ses passions dans des accords gagnant-gagnant. Merci beaucoup à Claude Fillet, professeur au Lycée Choiseul de Tours et coordonnateur du CIRAS (Comité d’Initiation et de Recherche Aéronautique et Spatiale) pour avoir partagé ses magnifiques photos.

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Festival LE LIVRE À METZ – Les Bases Aériennes Alliées En France Dans Un Nouveau Livre

Livre les Américains en France - histoire et aviation en Lorraine à ToulLe festival du livre de Metz accueillera des grands noms du 6 au 9 avril 2017: Richard Bohringer, Guy Bedos, Patrice Duhamel, Hubert Védrine et bien d’autres. Dans ce grand rassemblement culturel, un livre pourrait bien retenir l’attention des passionnés d’histoire et d’aviation: Les Américains en France.

Trois auteurs renommés ont entrepris de raviver la réalité des bases aériennes américaines qui étaient implantées en France, et plus particulièrement celles concentrées dans le nord-est de la France entre 1950 et 1967. Il s’agit du premier des quatre tomes qui vient de sortir chez Gérard Louis lequel était présent au dernier salon du livre de Paris.

Ce volet de l’histoire qui aborde la présence alliée en France n’est en fait pas très connu et pourtant il y a beaucoup de choses à redécouvrir. Les infrastructures et services assurés étaient considérables, au point d’impacter la démographie et l’économie de plusieurs villes et villages français. Par exemple, le village de Montmédy dans la Meuse a  vu sa population s’accroître de 70% à l’occasion de l’installation de la base aérienne canadienne de Marville dont la piste était… chauffée! La période ne concerne pas uniquement les bases aériennes et forteresses volantes américaines puisqu’elle nous conduit aussi sur une étude de nombreux aéronefs légers américains basés en France, de même que le vaste réseau sanitaire U.S. opérant sur l’Hexagone. De nombreuses photos d’archives nous donnent un aperçu de ce que pouvait être la base aérienne de Toul-Rosières à l’époque, ainsi que des avions et personnels qui s’affairaient autour de ces foyers de l’aviation militaire au service de l’Otan. Le livre montre que la guerre froide était prise très au sérieux du côté des Alliés et surtout de la part des Américains qui avaient tout préparé, jusqu’à l’éventualité d’une attaque. Le livre révèle qu’ils étaient prêts dans les moindres détails et pas seulement dans le ciel. Ce livre devrait ravir les passionnés d’histoire de l’aviation et de la guerre froide ainsi que les familles qui ont vécu cette période de leur vie ou par les histoires de leurs aînés.

Ce livre a été écrit en collaboration par:

  • Pierre-Alain ANTOINE, auteur, historien, conférencier et ancien Directeur de la Patrouille de France. Il sera présent le vendredi 7 avril pour des séances de dédicaces;
  • Pierre LABRUDE, auteur, historien, conférencier et ancien pharmacien chimiste en chef de réserve du Service de santé des Armées;
  • Fabrice LOUBETTE, auteur, historien et conférencier, pilote privé, spécialiste des forces aériennes de l’OTAN en Lorraine, il anime aussi les sites www.france-air-otan.net et france-air-otan.blogspot.fr. Il fera des dédicaces au festival à Metz le dimanche 9 avril 2017.

Couverture livre - Les Américains en France

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BREVET D’INITIATION AÉRONAUTIQUE – Le site qu’il ne faut pas louper

Cela faisait déjà un bon moment que je souhaitais poster un article pour faire les louanges du site http://blog.ac-versailles.fr/brevetinitiationaeronautique/ car s’il y en a un qui abonde dans l’esprit du BIA et du CAEA (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Aéronautique), c’est bien celui-ci:

Blog Académie de Versailles BIA de Laurent Leroy
Aperçu du site de Laurent Leroy, professeur de l’académie de Versailles pour le BIA

De prime abord, c’est un blog comme un autre mais ceux qui sont de près ou de loin dans l’aviation, et surtout dans le BIA et le CAEA, ont tout intérêt à s’abonner ici: http://blog.ac-versailles.fr/brevetinitiationaeronautique/index.php/feed/atom  En effet, le blog est actualisé presque chaque jour et il rassemble des informations très intéressantes touchant tous les secteurs de l’aéronautique et de l’espace.

Le Bourget, SIAE 2009, Avion Dakota, Fusée Ariane
Le Bourget 2009 – Photo: Toni Giacoia

Dans la marge sur la gauche de la page d’accueil, sous le titre « CATEGORIES », vous trouverez une mine de sites tous aussi utiles les uns que les autres qui vous feront décoller dans le vaste monde de l’aéronautique. Vous y trouverez bien sûr des informations sur le BIA mais aussi des établissements, des institutions, des MOOC, des chaînes vidéo étonnantes avec des liens comme, par exemple, une réponse à la question « combien pèse un nuage ». On y trouve une catégorie très utile: FORMATIONS ET MÉTIERS DE L’AÉRIEN et d’autant plus utile qu’un flux RSS est proposé pour pouvoir s’y abonner, c’est le cas pour toutes les catégories proposées, vous pouvez sélectionner le type d’abonnement que vous souhaitez. C’est un site très riche et passionnant. Dans une même page, les fusées peuvent croiser les avions, les ULM, planeurs, drones et cerfs-volants. L’auteur de ce blog, Laurent Leroy, évoque aussi les magazines, livres et la documentation pratique ou officielle qui traitent de l’aéronautique et de l’espace. Virtuellement, en cliquant sur son site, c’est un peu comme si vous entriez à la fois au Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget mais aussi dans un aéroclub de province en faisant un détour par la Cité de l’Espace de Toulouse, sans oublier les richesses partagées provenant de la FAA, la DGAC, Météo France, l’AESA, la NASA et l’OACI et bien d’autres archives. Autre page appréciable, le site met à disposition des visiteurs une collection de liens tous très utiles:

http://blog.ac-versailles.fr/brevetinitiationaeronautique/index.php/category/Sites-web-a%C3%A9ro

Laurent Leroy a écrit plusieurs centaines d’articles sur son blog depuis janvier 2013. On peut se demander comment il fait pour glaner autant de pépites de l’actualité aéronautique mais de son propre aveu, il souhaiterait en faire plus et il reconnaît volontiers que le temps lui manque pour aborder plus de sujets. Cet enseignant d’Education Physique et Sportive est attiré depuis toujours par le vol. Au point qu’il décroche son brevet de pilote d’ULM. Il va ensuite rencontrer dans la communauté des pilotes d’Ultra-Légers Motorisés un autre enseignant, Pascal Bret, qui lui présente l’intérêt du BIA pour les jeunes. Il décide alors d’encadrer ces activités aéronautiques en passant l’examen et obtient le CAEA. En 2011, il fait le constat d’un manque de supports pour enseigner les modules du BIA et a l’idée d’utiliser les  TICE. Visiblement passionné par ce qu’il fait, il poste depuis des articles à un rythme régulier et assez soutenu vu la qualité des contenus qui demandent forcément beaucoup de préparation et de recherche. Il capte des informations d’intérêt indéniable et les partages. Concrètement aujourd’hui, n’importe quel enseignant CAEA peut faire cours grâce à son site si la salle est reliée à internet. N’importe quel candidat BIA-CAEA peut préparer son examen en puisant dans ses pages. Utile aussi, un moteur de recherche en haut à gauche vous donne tous les articles répondant à une demande. C’est grâce à la bonne volonté de gens comme Laurent Leroy que des générations d’aviateurs naissent lesquels peuvent revenir sur son site pour s’informer car les amateurs et professionnels de l’aéronautique peuvent trouver satisfaction dans ses articles qui réunissent des informations technologiques, commerciales, historiques, sportives, scientifiques et culturelles de l’aéronautique et de l’espace. Vraiment, allez jeter un oeil. Vous ne serez pas déçu mais surveillez tout de même la montre car vous risquez bien de ne pas décrocher:

http://blog.ac-versailles.fr/brevetinitiationaeronautique/

Enfin, en plus de ce travail, Laurent Leroy doit gérer au lycée l’association mise en place pour la construction du premier aéronef avec ses apprenants. Il souligne que cette réalisation n’aurait pu s’accomplir sans la complicité dans cette entreprise avec son collègue Jean-Louis Millan, instructeur de vol à voile. Ils ont le projet d’aller au prochain salon du Bourget pour présenter leur avion mais cherchent encore de nouvelles subventions. Laurent Leroy rappelle que sans ces soutiens précieux venus de messieurs Bret et Millan, ils n’en seraient pas là aujourd’hui, avec une telle activité aéronautique. Bravo et bonne chance pour ces beaux projets.

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L’AS DE VERDUN CÉLÉBRÉ

Crash Maxime Lenoir Verdun Tombe Six obus par mètre carré sont tombés pendant la bataille de Verdun. Des milliers de vies furent emportées pendant 300 jours. Comme beaucoup d’autres villages, Chargé égrène ses morts pour la France en ce matin du 11 novembre 2016. Dans ce sinistre décompte, chaque poilu tombé reste un drame, une douleur dans chaque famille. LENOIR Maxime figure dans cette longue liste. Il fut porté disparu le 25 octobre 1916 jusqu’à ce que le journaliste Didier Lecoq ne découvre une photo d’un collectionneur berlinois qui montre un SPAD VII disloqué avec une croix plantée et gravée par les Allemands pour rendre les honneurs à celui qui fut l’as de Verdun. Les pilotes allemands redoutaient ses attaques, pourtant souvent solitaires. Seuls les as avaient ce privilège. Si Jean Navarre est toujours reconnu comme « la sentinelle de Verdun », cette disparition laissant peu de traces a plongé Maxime Lenoir dans l’oubli pendant presqu’un siècle. Le mystère empêchait le deuil et la commune attendait une confirmation pour célébrer son héros. C’est fait. Il avait déjà été célébré le 19 septembre 2014 comme le héros de Tours et de l’Indre-et-Loire mais il y avait toujours des incertitudes sur sa disparition. Depuis ce matin, l’école du village de Chargé s’appelle désormais École Maxime Lenoir. Le maire de la commune Pascal Dupré et son adjointe Marie-Noëlle Mailliez décidèrent en janvier de préparer une journée de commémoration. Il faut quand même rappeler que Maxime Lenoir faisait partie des quelques rares pilotes avant la guerre à pouvoir réaliser dix loopings d’affilée dès février 1914. Il faisait le tour de France pour donner des shows aériens avec son numéro Looping the loop, bouclant la boucle.

Maxime Lenoir aeroplane Looping the Loop sur Blériot XI

Son talent et son courage lui ont ensuite permis de se retrouver parmi les meilleurs pilotes de chasse au monde, cités dans la presse internationale. D’après le journaliste Jacques Mortane, l’avion de Maxime Lenoir était connu comme le loup blanc. Toujours derrière les lignes ennemies, son biplan rentrant souvent criblé de balles, le destin de l’as de Verdun s’est arrêté là, à quelques kilomètres au nord du fort de Douaumont, au lendemain de la reprise du bastion par les poilus. Douaumont reconquis, le général von Falkenhayn savait que la suite de la guerre serait très dure pour les Allemands.
Photo musée de l'air et de l'espace MA 33504 Navarre Fequant Lenoir Si on se souvient des fantassins qui ont tout donné dans les tranchées pour tenir leurs positions à Verdun, on oublie trop souvent que la bataille de Verdun s’est jouée dans les airs et que les pilotes de chasse n’étaient pas nombreux pour affronter les terribles Fokkers des Allemands en février 1916. Lorsque le général Pétain devant ses lignes exsangues, demande au commandant Charles de Tricornot de Rose « De Rose, je suis aveugle ! Balayez-moi le ciel ! Sinon, c’est simple, Verdun sera perdue. » Et si Verdun avait été perdue, la France aurait probablement perdu la guerre. Lenoir à l’escadrille N23 et son ami Navarre à la N67 voisine seront les fers de lance sur leurs nouveaux Nieuport et SPAD. Leurs efforts seront renforcés d’escadrilles dotées du Farman F.40 qui anéantiront à la fois les ballons Drachen lourdement défendus et mettront à la peine les Fokkers. Le bras de fer gagné dans le ciel de Verdun, l’artillerie française reprendra l’avantage pour anéantir les espoirs de von Falkenhayn. Navarre blessé, Lenoir va devenir l’as comptant le plus de victoires sur Verdun, il sera le premier à abattre un Drachen officiellement, le premier à abattre un bombardier Gotha avant même Guynemer. Il va enfin devenir le premier double-as mort au combat, le troisième as français abattu après Pégoud et de Rochefort.
En cette journée du souvenir, des enfants de l’école de Chargé chantent la Marseillaise devant le monument au mort. Jamais le village n’a connu une telle affluence pour le 11 novembre. Il faut dire que la commune a tout prévu pour cette journée dédiée aux poilus, qui est aussi le centenaire de la mort de Maxime Lenoir. Après la mise en place, le maire accueille la députée Claude Greff, le secrétaire général de la préfecture d’Indre-et-Loire Jacques Lucbereilh, le conseiller départemental Rémi Leveau, et l’inspecteur de l’éducation nationale Patrick Seweryn. L’armée de l’air est venue en nombre, les associations d’anciens combattants et retraités militaires de l’armée de l’air aussi pour rendre hommage aux morts pour la France et plus particulièrement à l’as de Verdun. Sans le président de l’Armil 37, Michel Camus, qui tenait à participer à l’événement, il n’y aurait pas eu de porte-drapeau. C’est Charles Bonté qui a répondu à l’appel ce jour-là pour honorer les morts au combat. Le village leur doit une fière chandelle.
Blériot XI Jean-Yves Valor La veille, un Blériot XI fut courageusement acheminé depuis la Haute-Vienne par Jean-Yves Valor et l’association Les Ailes Limousines dans la salle des fêtes. Après la cérémonie devant le monument de la Première Guerre mondiale, le maire et les officiels font des discours très appréciés qui rappellent le sens de cette manifestation devant la famille Lenoir, Abel Anjorand (l’historien local), Philippe Girard (dont la famille jadis accueillit l’acrobate du ciel dans leur ferme de la Girardière), et Didier Lecoq, sans lesquels rien ne serait jamais arrivé. Et notamment cette inauguration qui était impensable il y a seulement trois ans. C’est aussi grâce au groupe de travail mis en place avec les adjoints au maire Marie-Claude Métivier, Gérald Letourmy et bien d’autres villageois. Le maire et deux élèves dévoilent une superbe plaque à l’entrée de l’école du bourg avec la silhouette du pionnier de l’aviation qui fut jadis un écolier dans cet établissement. La aussi, la boucle est bouclée. Le maire vient de rappeler dans son discours que Maxime Lenoir avait été vigneron avant d’être pilote et que déjà il préférait les loopings aux tonneaux. Soudain, comme un miracle, trois Alphajets de l’École de l’Aviation de Chasse de la base aérienne 705 défilent au-dessus de l’école et la mairie, puis font un second passage de nouveau sous les applaudissements le long de la Loire. Comme pour rappeler que Maxime Lenoir fut porté en triomphe devant la mairie après avoir produit ses merveilleux loopings sur Blériot XI à la mi-mai 1914.
Une très intéressante exposition couvre une grande partie de la salle sur le Farman F.40, jadis très engagé dans la reconquête aérienne à Verdun. Les entreprises Farman, Corvaisier et Galilé, implantées à Joué-les-Tours apportent ainsi leur soutien. De même l’association Ailex et Classique Aéro d’Orbigny exposent un moteur Le Rhône 7A et plusieurs pièces de Blériot. La salle polyvalente a un air de petit musée du Bourget avec ces reliques d’une aviation d’un autre âge. Rien d’étonnant à cela car le Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget a apporté son concours grâce à quelques photos ô combien précieuses car elle permettent de deviner l’importance de l’aviation dans la victoire à Verdun. L’après-midi est consacré aux expositions dont celle de la classe de Virginie Charbonnier, enseignante à Chargé, remarquablement enrichie par les uniformes, armes et ustensiles d’époque pour revivre l’atmosphère des tranchées et la conquête de l’air vécue par le pionnier local de l’aviation. Dans la collection de Claude Peyon, un témoignage poignant est exposé : un livret taché du sang de son grand-père alors sur le front, remis à sa grand-mère pour lui signifier son décès. Parmi toutes ces pièces de collection, on ne peut pas manquer la superbe maquette du SPAD VII « Trompe la Mort III » réalisée par l’association Delta Reflex présidée par Jean-Pierre Bézard en soutien à la BA 705 dans cette commémoration. C’est avec un talent d’orfèvre que Claude Bodier a monté le haubanage du biplan qui est maintenant confié à la commune.
Puis vient le temps des conférences et débats. Didier Lecoq retrace la carrière de Maxime Lenoir. L’auditoire est bien servi car le conférencier n’est autre que le journaliste qui a le premier fait resurgir le héros de Chargé il y a plusieurs années. Enfin le lieutenant-colonel Romain Béthoux explique comment la guerre aérienne se faisait et comment elle a lieu de nos jours. Les spectateurs écoutent avec grand intérêt le témoignage de cet expert qui, avant de devenir le commandant de l’École de l’Aviation de Chasse, était tout de même le leader de la Patrouille de France. L’auditoire écoute subjugué lorsqu’il raconte comment des avions à réaction peuvent enchaîner des figures à seulement deux mètres de distance. Les questions pleuvent mais le brillant pilote a toujours la réponse.
Tout au long de la journée, les familles emmènent les plus petits à la cabine du Jaguar exposée par le CIRFA. Dans la salle Julia Daudet (expositions) un projet de livre sur l’histoire de l’aviationCommémoration Maxime Lenoir 11 novembre 2016 école est présenté avec en seconde partie l’histoire de Maxime Lenoir. Il sera publié prochainement. Sa sortie sera annoncée à la page http://airforces.fr/pall/. Une brève présentation du BIA-CAEA est également faite pour ceux qui souhaitent s’initier aux joies de l’aéronautique. Avec le superbe chalet crêperie-buvette, ce 11 novembre à Chargé ressemble à un mini salon de l’histoire et de l’aviation. Même le soleil est de la partie. On n’a jamais vu un 11 novembre de la sorte et cela pourrait bien, pourquoi pas, donner des idées à d’autres communes. Encore faut-il avoir un pilote de cette étoffe dans sa ville pour réaliser un hommage de cette envergure. Il fut un des très rares pilotes à recevoir à la fois la grande médaille d’or de l’Aéro-Club de France et la médaille de guerre de l’Aero Club of America. L’enfant du pays est en quelque sorte revenu sur la terre de ses premiers exploits. Mais l’histoire ne se termine pas vraiment. Des recherches sont toujours menées pour tenter d’en savoir un peu plus. Et puis d’autres belles surprises pourraient venir du ciel dans les années à venir, mais nous en saurons plus bientôt…

Toni Giacoia

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