CENTENAIRE DE LA DISPARITION DE GUYNEMER

Gérard Souedet, Toni Giacoia et des visiteurs. Exposition Fondett'Ailes à Fondettes sur le centenaire de la disparition de Guynemer et dédicace du livre Une autre histoire de l'aviation

(Same article in English at the bottom of this page)

L’association Fondett’Ailes a bien fait les choses en ce samedi 30 septembre et dimanche 1er octobre 2017 à Fondettes, près de Tours. L’exposition démarrait avec une présentation de l’icône de l’aéronautique militaire française de la Grande Guerre, le Capitaine Georges Guynemer, l’as aux 53 victoires homologuées. On y découvrait ce jeune homme chétif, au caractère déjà bien trempé. Guynemer venait d’une famille de la bourgeoisie qui descendait de Louis XII. Il n’était pas vraiment destiné à devenir un des plus brillants aviateurs au monde. Cependant l’opiniâtreté du capitaine de l’escadrille des Cigognes le menèrent au firmament de la gloire lorsqu’il fût abattu le 11 septembre 1917 à Poelkappelle. Des maquettes étaient exposées et en particulier celles qui furent frappées du « Vieux Charles » de Guynemer: Morane-Saulnier, Nieuport et SPAD, ainsi que d’autres maquettes d’avions d’époque et d’appareils pilotés par ses victimes. Des extraits de  journaux rapportaient les combats aériens qu’il a livrés des débuts à la fin tragique qui conserve toujours une part de mystère.

L’exposition rendait aussi hommage aux autres grands as de la période 14-18 avec notamment Dorme, Nungesser, Navarre et le héros local Maxime Lenoir. Depuis que le journaliste Didier Lecoq a retrouvé sa trace et que le village de Chargé a commémoré la disparition de l’as tourangeau, meilleur as de Verdun entre juin et octobre 1916, les Tourangeaux, les amateurs de la Grande Guerre et les historiens ont pu découvrir, ou redécouvrir pour certains, « Le Guynemer de la Touraine » grâce à un panneau entièrement consacré à Maxime Lenoir et ses exploits. Des uniformes des aviateurs, masque à gaz et fléchettes étaient présentés et surtout trois pièces de collection spectaculaires: une grande hélice, un appareil de photographie aérienne Gaumont aux dimensions étonnantes et un superbe moteur rotatif Clerget Blin avec ses neuf cylindres, immanquable.

Enfin, le livre Une autre histoire de l’aviation était présenté en dédicace. Vous pouvez consulter l’article de La Nouvelle République ci-dessous ou directement sur ce lien: https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/georges-guynemer-as-des-as-cent-ans-apres

Article de la Nouvelle République sur l'exposition de Fondett'Ailes (président Gérard Souedet) à Fondettes, salle Jacques Villeret au centre culturel de l'Aubrière. Centenaire de la disparition du capitaine Georges Guynemer, dédicace du livre Une autre histoire de l'aviation de Toni Giacoia, moteur Clerget Blin

Un grand merci à l’association Fondett’Ailes et son président Gérard Souedet pour leur accueil. Un grand merci aussi à Didier Lecoq, Secrétaire Général à La Nouvelle République, pour son accord et toutes ses informations sur Maxime Lenoir.

IN ENGLISH:

Affiche de l'association Fondett'Ailes pour les 100 ans de la disparition du capitaine Georges Guynemer
Affiche de l’association Fondett’Ailes www.fondett-ailes.fr

The Fondett’Ailes association did well on Saturday 30 September and Sunday 1 October 2017 in Fondettes, near Tours. The exhibition opened with a presentation of of the WW1 French military aeronautics icon, Captain Georges Guynemer, the ace of 53 approved victories. He was depicted as a young sickly man, who had a temperament that was already very strong. Guynemer came from a bourgeois family that was descended from Louis XII. He wasn’t really destined to become one of the most brilliant aviators in the world. However, the stubbornness of the captain of the Cigognes squadron led him to the firmament of glory when he was shot down at Poelkappelle, Belgium, on September 11, 1917. Models were on display, particularly those of the « Vieux Charles » from Guynemer: Morane-Saulnier, Nieuport and SPAD, as well as other models of aircraft from this era and aircraft flown by his victims. Newspaper clippings reported the dogfights he fought from the beginning to the tragic end which has always kept a part of mystery.

The exhibition also paid tribute to the other great aces of the WW1 period with Dorme, Nungesser, Navarre and the local hero Maxime Lenoir. Since the journalist Didier Lecoq found his trail, and since the village of Chargé commemorated the disappearance of the ace of the Loire Valley – the best ace of Verdun between June and October 1916 – the visitors of the Loire Valley, amateurs of the Great War and historians have discovered, or rediscovered for some, the « Guynemer of Touraine » thanks to a panel entirely dedicated to Maxime Lenoir and his feats. Aviators’ uniforms, gas mask and darts were displayed, and above all three spectacular collector’s pieces were displayed: a large propeller, a Gaumont aerial camera with amazing dimensions and a superb Clerget Blin rotary engine with its nine cylinders, unavoidable.

Last but not least, the book Une Autre Histoire de l’Aviation was presented for book signing.

Many thanks to the association Fondett’Ailes and their chairman Gérard Souedet for their welcome. Many thanks also to Didier Lecoq, Secretary General of La Nouvelle République, for his agreement and all his information on Maxime Lenoir.

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UNE AUTRE HISTOIRE DE L’AVIATION À LA FORÊT DES LIVRES

Léo Villots avec Tombe la nuit et Toni Giacoia avec Une autre histoire de l'aviation dans l'allée des auteurs indépendants à La forêt des livres du 27 août 2017, festival du livre de Gonzague Saint Bris à Chanceaux-près-Loches dans l'Indre-et-Loire, en Touraine
       Léo Villots et Toni Giacoia à La Forêt des Livres 2017

 

 

Les feuilles bruissaient à n’en pas douter, au passage de l’âme de l’hôte des lieux. Gonzague Saint Bris en avait fait « un Woodstock de la littérature » selon les Américains. La XXIIe édition de La forêt des livres s’est déroulée comme prévu même si prise de chagrin comme Gonzague s’en est allé si brusquement il y a quelques jours, le 8 août sur cette petite route de Normandie.

Dix-neuf jours plus tard, le dimanche 27 août 2017. Dès mon arrivée à l’aurore, tout est très bien organisé. Les bénévoles, souriants, orientent les auteurs vers leurs destinations. Ça sent la joie, l’accueil des retrouvailles, comme un retour aux sources. En arrivant sur les lieux à la fois ensoleillés et ombragés par d’immenses feuillus, on comprend mieux l’ambition de Gonzague. On le sent tout de suite. Il y a une atmosphère unique, propice à la communion des cultures, des arts, des lettres et de la nature. C’est ainsi qu’il l’avait voulue. Faire revenir les feuilles des livres près de leur source, à l’air vivifiant de la forêt. L’aube y développe ses senteurs sauvages, florales et boisées. Un lac et un ruisseau s’y reposent, aux pieds du Chalet des Chasseurs avec ses façades peintes et ornées de trophées de la vénerie, et son balcon, pinacle du festival. C’est là que Gonzague communiait avec l’auditoire mais c’était souvent à ses amis qu’il donnait la parole. Après cette promenade dans ce site naturel presque vide mais déjà bien affairé, j’installe mon stand qui est, par hasard, le tout premier à gauche en venant du haut de l’allée des auteurs indépendants.

La Forêt des Livres et le Chalet des Chasseurs et sa façade avec l'escalier et le balcon
Le Chalet des Chasseurs, la tribune de Gonzague Saint Bris pendant 22 festivals littéraires, pourrait accueillir d’autres éditions, ce que tous espèrent.

D’abord peu nombreux, les écrivains et quelques éditeurs installent tour à tour leurs ouvrages. Les célébrités arrivent un peu plus tard en groupes. Smaïn me serre la main avec un mot rapide sur l’histoire de l’aviation, très sympathique, puis vient l’afflux des visiteurs. Cette journée pas comme les autres commence par une messe au cœur du village en hommage à Gonzague, l’érudit du pays visiblement tant aimé. Tous ne peuvent pas entrer dans l’église et les fidèles s’agglutinent à l’extérieur de l’enceinte équipée de haut-parleurs autour de la foule en plein soleil pour la cérémonie religieuse. Je discute ensuite avec plusieurs auteurs, tous très intéressants, notamment Farhad Daneshmand, un auteur indépendant qui vient de publier Les paroles d’un jour, un recueil de courtes réflexions d’un jour qui en disent long sur la vie.

 

Farhad Daneshmand devant ses livres
Farhad Daneshmand devant ses livres

J’ouvre un de mes livres pour le présenter au chapitre 7, « Merveilleux fous volants », un autre sur la superbe machine volante de Gustave Whitehead, et Maxime Lenoir est en couverture. Cela devrait suffire pour discuter sur ces thèmes. En discutant avec mon voisin de stand, je lui dis que si ça se trouve, et je le sens, je ne vendrai aucun livre. Car si il se vend assez bien sur internet (210 livres en 9 mois), et qu’il a été très bien accueilli par les spécialistes, la critique, et les commentaires, il n’a jamais eu de succès dans les foires aux livres: 2 vendus à Livre Paris, 2 à Chartres, 1 à Amboise pourtant pleine de touristes et très concernée par les sujets traités. Mais qu’importe, je suis heureux d’être là. Soudain, je reçois la visite de Léo Villots, venu en famille, un auteur prometteur qui a publié Tombe la nuit… et avec lequel j’avais déjà fait connaissance sur la Toile. Je suis ravi de le voir enfin dans le monde réel, dans ce cadre verdoyant, cette terre du livre, et c’est avec joie que nous parcourons quelques pages de son livre que j’aimerais bien lire un de ces jours. Mais il est très occupé lui aussi et je ne le sais pas encore, mais nous n’aurons plus le temps de nous revoir de la journée.

Livre Une autre histoire de l'aviation merveilleux fous volants Ladougne et sa bicyclette volanteÀ partir de dix heures, il y a plus de monde. On attend entre 60 000 et 100 000 visiteurs cette année. Quelques curieux posent des questions, puis très vite ça n’arrête plus et cela me surprend vraiment car à Livre Paris, je n’avais pas été autant sollicité. Les cartes de visites partent, les amateurs de littérature feuillettent allègrement, les demandes de dédicaces commencent enfin. À un moment, j’avais quatre livres dédicacés à garder dans un carton car il est assez lourd (1,5 kg pour 550 pages) pour se promener avec.  Lorsque je demande au passage, si quelqu’un sait qui était le meilleur as de Verdun au plus fort de la bataille, j’ai la surprise de voir que quelques-uns connaissaient déjà Maxime Lenoir, l’as tourangeau. Après tout il vient de Chargé, près d’Amboise. Ce n’est pas si loin de Chanceaux-près-Loches. Les articles de Didier Lecoq commencent à produire leur effet car Maxime Lenoir était un pilote héroïque mais longtemps oublié puisque porté disparu.

Ce qui m’a le plus surpris, c’est que beaucoup savaient que les frères Wright n’avaient pas été les premiers à avoir volé et inventé soi-disant tout de l’aviation. Mais encore plus surprenant, certains connaissaient les merveilles d’invention de Gustave Whitehead. Par contre, personne ne connaissait Gustave Trouvé, le fabuleux inventeur de Descartes, comparé à Edison dans le livre de Kevin Desmond. Un visiteur très intéressant lui aussi, savait que des religieux avaient osé émettre l’hypothèse du vol humain avant les Lumières. J’en ai profité pour louer les mérites des Blériot, Pégoud, Farman, Voisin, Guynemer, Cayley, d’Esterno (que personne ne connaissait), Ader, Chanute, et bien sûr pour encourager les passionnés à s’engager pour le B.I.A., le Brevet d’Initiation Aéronautique. Il y avait des pilotes de planeur, PPL, IFR et même un pilote CPL, des anciens d’Air France, de l’Armée de l’air et des passionnés, des modélistes, spotters et curieux de tout. Tout le monde peut venir à La forêt des livres mais il y a indubitablement un public cultivé qui s’y déplace en masse pour butiner les feuilles des livres proposés et surtout pour aller à la rencontre des auteurs devant leurs ouvrages, à ciel ouvert.

Je plie le stand à 19h00 et comme Richard Bohringer attend en face pour qu’on l’emmène, je lui serre la main et lui dit tout le bien que je pense des ses émissions radio passées où ils racontait merveilleusement bien ses histoires sur l’Afrique et aussi les boxeurs, ses histoires vécues avec beaucoup de passion. D’ailleurs, il venait de signer son livre Quinze rounds qui a reçu de bons commentaires. Cette brève mais agréable rencontre résume bien la journée pour la clôturer. La culture a pris rendez-vous avec la nature depuis 22 ans et même s’il y a un doute pour la suite, tous veulent que cela continue.

Les visiteurs, les petits auteurs, les stars et les grands écrivains, tous se côtoient. C’était aussi cela, l’ambition de Gonzague, le fruit de son amitié, de son ouverture. Je ne connais pas, pour l’instant, d’événements littéraires qui acceptent autant d’auteurs indépendants. Presque tous inconnus, Maxime Chattam était présent tout de même. Que ce Chanceaux-près-Loches panneausoit en meeting aérien (500 € pour vendre un seul livre à un meeting où il n’y aura que 20 000 visiteurs) ou dans les foires littéraires (nombreux refus car indépendant), c’est dur de se faire accepter. Néanmoins, j’ai dédicacé 10 livres. J’aurais pu en vendre une quinzaine si j’avais eu une connexion PayPal/carte de crédit. Je n’ai pu croquer un sandwich, grâce à mon épouse qui est venue m’aider, qu’après 15h00 tant le livre a eu du succès. Je rentre dans mes frais et surtout avec le souvenir de rencontres enrichissantes et amicales. C’était donc ça, La forêt des livres.

Un grand merci à Léo Villots pour ses photos.

 

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L’AS DE VERDUN CÉLÉBRÉ

Crash Maxime Lenoir Verdun Tombe Six obus par mètre carré sont tombés pendant la bataille de Verdun. Des milliers de vies furent emportées pendant 300 jours. Comme beaucoup d’autres villages, Chargé égrène ses morts pour la France en ce matin du 11 novembre 2016. Dans ce sinistre décompte, chaque poilu tombé reste un drame, une douleur dans chaque famille. LENOIR Maxime figure dans cette longue liste. Il fut porté disparu le 25 octobre 1916 jusqu’à ce que le journaliste Didier Lecoq ne découvre une photo d’un collectionneur berlinois qui montre un SPAD VII disloqué avec une croix plantée et gravée par les Allemands pour rendre les honneurs à celui qui fut l’as de Verdun. Les pilotes allemands redoutaient ses attaques, pourtant souvent solitaires. Seuls les as avaient ce privilège. Si Jean Navarre est toujours reconnu comme « la sentinelle de Verdun », cette disparition laissant peu de traces a plongé Maxime Lenoir dans l’oubli pendant presqu’un siècle. Le mystère empêchait le deuil et la commune attendait une confirmation pour célébrer son héros. C’est fait. Il avait déjà été célébré le 19 septembre 2014 comme le héros de Tours et de l’Indre-et-Loire mais il y avait toujours des incertitudes sur sa disparition. Depuis ce matin, l’école du village de Chargé s’appelle désormais École Maxime Lenoir. Le maire de la commune Pascal Dupré et son adjointe Marie-Noëlle Mailliez décidèrent en janvier de préparer une journée de commémoration. Il faut quand même rappeler que Maxime Lenoir faisait partie des quelques rares pilotes avant la guerre à pouvoir réaliser dix loopings d’affilée dès février 1914. Il faisait le tour de France pour donner des shows aériens avec son numéro Looping the loop, bouclant la boucle.

Maxime Lenoir aeroplane Looping the Loop sur Blériot XI

Son talent et son courage lui ont ensuite permis de se retrouver parmi les meilleurs pilotes de chasse au monde, cités dans la presse internationale. D’après le journaliste Jacques Mortane, l’avion de Maxime Lenoir était connu comme le loup blanc. Toujours derrière les lignes ennemies, son biplan rentrant souvent criblé de balles, le destin de l’as de Verdun s’est arrêté là, à quelques kilomètres au nord du fort de Douaumont, au lendemain de la reprise du bastion par les poilus. Douaumont reconquis, le général von Falkenhayn savait que la suite de la guerre serait très dure pour les Allemands.
Photo musée de l'air et de l'espace MA 33504 Navarre Fequant Lenoir Si on se souvient des fantassins qui ont tout donné dans les tranchées pour tenir leurs positions à Verdun, on oublie trop souvent que la bataille de Verdun s’est jouée dans les airs et que les pilotes de chasse n’étaient pas nombreux pour affronter les terribles Fokkers des Allemands en février 1916. Lorsque le général Pétain devant ses lignes exsangues, demande au commandant Charles de Tricornot de Rose « De Rose, je suis aveugle ! Balayez-moi le ciel ! Sinon, c’est simple, Verdun sera perdue. » Et si Verdun avait été perdue, la France aurait probablement perdu la guerre. Lenoir à l’escadrille N23 et son ami Navarre à la N67 voisine seront les fers de lance sur leurs nouveaux Nieuport et SPAD. Leurs efforts seront renforcés d’escadrilles dotées du Farman F.40 qui anéantiront à la fois les ballons Drachen lourdement défendus et mettront à la peine les Fokkers. Le bras de fer gagné dans le ciel de Verdun, l’artillerie française reprendra l’avantage pour anéantir les espoirs de von Falkenhayn. Navarre blessé, Lenoir va devenir l’as comptant le plus de victoires sur Verdun, il sera le premier à abattre un Drachen officiellement, le premier à abattre un bombardier Gotha avant même Guynemer. Il va enfin devenir le premier double-as mort au combat, le troisième as français abattu après Pégoud et de Rochefort.
En cette journée du souvenir, des enfants de l’école de Chargé chantent la Marseillaise devant le monument au mort. Jamais le village n’a connu une telle affluence pour le 11 novembre. Il faut dire que la commune a tout prévu pour cette journée dédiée aux poilus, qui est aussi le centenaire de la mort de Maxime Lenoir. Après la mise en place, le maire accueille la députée Claude Greff, le secrétaire général de la préfecture d’Indre-et-Loire Jacques Lucbereilh, le conseiller départemental Rémi Leveau, et l’inspecteur de l’éducation nationale Patrick Seweryn. L’armée de l’air est venue en nombre, les associations d’anciens combattants et retraités militaires de l’armée de l’air aussi pour rendre hommage aux morts pour la France et plus particulièrement à l’as de Verdun. Sans le président de l’Armil 37, Michel Camus, qui tenait à participer à l’événement, il n’y aurait pas eu de porte-drapeau. C’est Charles Bonté qui a répondu à l’appel ce jour-là pour honorer les morts au combat. Le village leur doit une fière chandelle.
Blériot XI Jean-Yves Valor La veille, un Blériot XI fut courageusement acheminé depuis la Haute-Vienne par Jean-Yves Valor et l’association Les Ailes Limousines dans la salle des fêtes. Après la cérémonie devant le monument de la Première Guerre mondiale, le maire et les officiels font des discours très appréciés qui rappellent le sens de cette manifestation devant la famille Lenoir, Abel Anjorand (l’historien local), Philippe Girard (dont la famille jadis accueillit l’acrobate du ciel dans leur ferme de la Girardière), et Didier Lecoq, sans lesquels rien ne serait jamais arrivé. Et notamment cette inauguration qui était impensable il y a seulement trois ans. C’est aussi grâce au groupe de travail mis en place avec les adjoints au maire Marie-Claude Métivier, Gérald Letourmy et bien d’autres villageois. Le maire et deux élèves dévoilent une superbe plaque à l’entrée de l’école du bourg avec la silhouette du pionnier de l’aviation qui fut jadis un écolier dans cet établissement. La aussi, la boucle est bouclée. Le maire vient de rappeler dans son discours que Maxime Lenoir avait été vigneron avant d’être pilote et que déjà il préférait les loopings aux tonneaux. Soudain, comme un miracle, trois Alphajets de l’École de l’Aviation de Chasse de la base aérienne 705 défilent au-dessus de l’école et la mairie, puis font un second passage de nouveau sous les applaudissements le long de la Loire. Comme pour rappeler que Maxime Lenoir fut porté en triomphe devant la mairie après avoir produit ses merveilleux loopings sur Blériot XI à la mi-mai 1914.
Une très intéressante exposition couvre une grande partie de la salle sur le Farman F.40, jadis très engagé dans la reconquête aérienne à Verdun. Les entreprises Farman, Corvaisier et Galilé, implantées à Joué-les-Tours apportent ainsi leur soutien. De même l’association Ailex et Classique Aéro d’Orbigny exposent un moteur Le Rhône 7A et plusieurs pièces de Blériot. La salle polyvalente a un air de petit musée du Bourget avec ces reliques d’une aviation d’un autre âge. Rien d’étonnant à cela car le Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget a apporté son concours grâce à quelques photos ô combien précieuses car elle permettent de deviner l’importance de l’aviation dans la victoire à Verdun. L’après-midi est consacré aux expositions dont celle de la classe de Virginie Charbonnier, enseignante à Chargé, remarquablement enrichie par les uniformes, armes et ustensiles d’époque pour revivre l’atmosphère des tranchées et la conquête de l’air vécue par le pionnier local de l’aviation. Dans la collection de Claude Peyon, un témoignage poignant est exposé : un livret taché du sang de son grand-père alors sur le front, remis à sa grand-mère pour lui signifier son décès. Parmi toutes ces pièces de collection, on ne peut pas manquer la superbe maquette du SPAD VII « Trompe la Mort III » réalisée par l’association Delta Reflex présidée par Jean-Pierre Bézard en soutien à la BA 705 dans cette commémoration. C’est avec un talent d’orfèvre que Claude Bodier a monté le haubanage du biplan qui est maintenant confié à la commune.
Puis vient le temps des conférences et débats. Didier Lecoq retrace la carrière de Maxime Lenoir. L’auditoire est bien servi car le conférencier n’est autre que le journaliste qui a le premier fait resurgir le héros de Chargé il y a plusieurs années. Enfin le lieutenant-colonel Romain Béthoux explique comment la guerre aérienne se faisait et comment elle a lieu de nos jours. Les spectateurs écoutent avec grand intérêt le témoignage de cet expert qui, avant de devenir le commandant de l’École de l’Aviation de Chasse, était tout de même le leader de la Patrouille de France. L’auditoire écoute subjugué lorsqu’il raconte comment des avions à réaction peuvent enchaîner des figures à seulement deux mètres de distance. Les questions pleuvent mais le brillant pilote a toujours la réponse.
Tout au long de la journée, les familles emmènent les plus petits à la cabine du Jaguar exposée par le CIRFA. Dans la salle Julia Daudet (expositions) un projet de livre sur l’histoire de l’aviationCommémoration Maxime Lenoir 11 novembre 2016 école est présenté avec en seconde partie l’histoire de Maxime Lenoir. Il sera publié prochainement. Sa sortie sera annoncée à la page http://airforces.fr/pall/. Une brève présentation du BIA-CAEA est également faite pour ceux qui souhaitent s’initier aux joies de l’aéronautique. Avec le superbe chalet crêperie-buvette, ce 11 novembre à Chargé ressemble à un mini salon de l’histoire et de l’aviation. Même le soleil est de la partie. On n’a jamais vu un 11 novembre de la sorte et cela pourrait bien, pourquoi pas, donner des idées à d’autres communes. Encore faut-il avoir un pilote de cette étoffe dans sa ville pour réaliser un hommage de cette envergure. Il fut un des très rares pilotes à recevoir à la fois la grande médaille d’or de l’Aéro-Club de France et la médaille de guerre de l’Aero Club of America. L’enfant du pays est en quelque sorte revenu sur la terre de ses premiers exploits. Mais l’histoire ne se termine pas vraiment. Des recherches sont toujours menées pour tenter d’en savoir un peu plus. Et puis d’autres belles surprises pourraient venir du ciel dans les années à venir, mais nous en saurons plus bientôt…

Toni Giacoia

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TOURS AIRSHOW 2015

Red Arrows and Patrouille de France here below

Tours French Air Force Base celebrated its centenary this year on Sunday, the 7th of June as the air base was born in late 1915, fielded with the aviation school on Caudron G3. MF33 Flight (1/33 Belfort) was born in Tours in October 1914 but there is no evidence that it was stationed at Parçay-Meslay airfield.

The airshow gathered lots of aviation professionals as well as recreational aviation booths. About 56,000 people attended the event – a bit more than expected. The Belgian F-16 solo display, the Moroccan Marche Verte, the Red Arrows, the Patrouille de France, then the Rafale were the highlights of the beautiful day. The Swiss Army Super Puma helicopter performed an outstanding display, and a P-51 D Mustang and a Spitfire delighted WW2 fighter aircraft enthusiasts. Other flypasts performed by two Dassault Flamant MD.311, de Havilland Vampire and Mosquito made the attendees dream.

The visitors could also admire numerous aircraft in the static display area: RSAF and Luftwaffe Eurofighter Typhoons, a curious Piaggio 149 as its roundel comes from the UPDAF – Uganda Peoples Defense Air Force, a Caudron C.800 glider which looked like the C.25S that were used in the movie « Don’t look now… We’re being shot at! » (La grande vadrouille) flown by famous French actors Bourvil and Louis de Funès. A nice RSAF (Republic of Singapore Air Force) Aermacchi M-346, a Dewoitine 501 which used to be stationed at Tours air base, a few WW2 Piper Cub, Dassault Mirage 2000-D, Mirage 2000-5, Rafale, and last but not least 2 A-10 Warthogs, and many more aircraft.

With the nice weather, cool northbound winds, and the smooth organisation, the event turned out to be a great success.

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AMONG GREATEST PILOTS – MAXIME LENOIR DESTINY

Maxime LENOIR - 11-victory ace in 1916
Maxime LENOIR – 11-victory ace in 1916 – was not born in Paris but Chargé, in the Loire Valley

Post in English – LE MÊME ARTICLE EN FRANÇAIS AU BAS DE CETTE PAGE:

December 22, 2014

Maxime LENOIR would have been 126 years old today.

Lenoir, Navarre, Guynemer, and Nungesser - WW1 Aces
Lenoir, Navarre, Guynemer, and Nungesser – WW1 Aces

He used to be one of the most renowned and talented pilots. He had been an aviation pioneer as he was among the very first pilots who performed the famous « looping the loop » aerobatic manoeuvre in the trail of Adolphe Pégoud between 1913 and 1914. He took part in a few air races, and a lot of air shows on his Blériot XI, nicknamed « Backjumper ». The local, national, and international press started to write articles about his prodigal sense of flying in the numerous airshows as the spectators cheered him every time he showed up. For instance, he was carried in triumph after he performed aerobatic manoeuvres above « La Girardière », the Girard family airfield in Chargé, his home village where up to 5,000 people were gathered to attend his air show in May 1914.

Lenoir was rising to fame when Archduke Franz-Ferdinand was murdered and as the « European war » broke out, he joined up shortly after. In spite of his exceptional flying skills, Maxime Lenoir was unfortunately compelled to join the French cavalry. He then kept on requesting an assignment in the brand new military aeronautics recently created by General Hirschauer, and became a fighter pilot. However, he was first posted to the target-shooting department at the C18 flight, then he was transferred to the N23 flight as a fighter pilot. He waged a devastating war over the trenches, and against the Prussian aviation in fierce air battles over Verdun. He tested new weapons, and airplanes. He became one of the first pilots to shoot down a balloon. After a few victories in 1915, he became the N23’s best fighter pilot in 1916 with 11 victories, and most decorated among prestigious names – Pinsard, Casale, Gilbert, de Beauchamp, Rochechouart de Mortemart, Brindejonc des Moulinais, Roland Garros, Pulpe (from Russia), Baumont, etc. He was the best ace in his flight, and even reached the top four French aces in 1916 as he remained in the top-two aces in the summer of that year.

Maxime Lenoir looping the loop and airshows on Bleriot monoplane - early 1914
Maxime Lenoir looping the loop and airshows – early 1914

According to German soldiers’ testimony, Lenoir was a very skillful and fearsome ace. They knew him well as they knew Navarre, Nungesser, Guynemer, Dorme, and Boelcke, of course. It is important to note that Mannock, Rickenbacker, Collishaw, Bishop, Löwenhardt, Little, Udet, McCudden, Fonck, Von Richthofen, Beauchamp-Proctor, and McLaren were not so famous at that time for some of them were not aces or did not have so many victories. Air war between 1914 and 1916 was totally different from 1917/1918. As Lenoir had trained at Blériot’s Buc airfield, the best aerobatic flying school, he was able to cope with a jammed machine gun and dodge the enemy fire. Like a toreador, and in a very skillful way, he could lure the enemy pilots when his fellow pilots were under heavy fire. He was the best bullet dodger but took a lot of risks, too much maybe. He flew back to Vadelaincourt airfield with his aircraft crippled with bullets many times. He never hesitated to help his fellow pilots whenever he could since he dared to face up to several German airplanes in a row. He was deemed to be a very good friend, as well as salvation in the sky of Verdun. For instance, when he learnt that his friend Navarre (nicknamed « Verdun’s sentinel ») had been shot down and seriously wounded on June 17th, 1916, he took off immediately. Alone, he made for the location where his friend had been downed, and dashed to an LVG C that he shot down without delay. He became so famous that either his name or his portrait featured on magazines, candy wrappers, and stamps, among the greatest aces in the hall of fame.

GUYNEMER, LENOIR, GARROS – 1916 stamps
GUYNEMER, LENOIR, GARROS – 1916

Maxime Lenoir had more than a hundred war missions, which was considerable at that time. Wounded twice in air combat, he kept on dogfighting. He took off the day after the take back of Fort Douaumont, wrecked havoc by the battle. He was flying his legendary SPAD VII tagged « Trompe la mort III » which meant « death-dodger » on October 25, 1916 when he was reported MIA until much later when he was declared « Dead for France ». However, he has never been found despite extensive searching.

DORME & LENOIR - 1916 Candy Wrapper
DORME & LENOIR – 1916 Candy Wrapper

Unfortunately, this is why aviation history forgot him for almost a century. One of the most brilliant pilots had disappeared from World War 1 history. He remained all the same in a few books in English, and Jacques Mortane, the French journalist left several publications highlighting the role of Maxime Lenoir in aviation and air combat. Then nothing, almost nothing written on this pilot who was awarded the Legion d’honneur, Médaille militaire, Croix de guerre with 8 palms, as well as the notorious Aeroclub of America, and Aeroclub of France gold medals!

Only two men kept his remembrance alive – first, Abel Anjorand who has always been a long-time friend of Lenoir’s family. He compiled a set of documents and pictures to leave a trace of the village’s ace to future generations. Didier Lecoq, a journalist and historian, has revealed Maxime Lenoir’s feats on his website aeroplanedetouraine.fr for a few years. The WW1 ace could have stayed hidden for possibly a couple more decades without Didier Lecoq’s outstanding work.

French ace Maxime Lenoir congratulated by British officers
Lenoir congratulated by British officers

Last not least, there is good news since the national and regional officials have officially recognized Maxime Lenoir as the WW1 hero for Tours and Indre-et-Loire in the remembrance operation called « 100 cities, 100 heroes, and 100 flags » since last summer. A ceremony to pay tribute to the local hero was held in the capital of Touraine, Place Anatole France on the left bank of the Loire river on Friday, September 19th, 2014. The Lenoir’s family, their friends and some veterans attended the ceremony which ended in the majestic festival hall at the city hall.

Though he did not know, Senior Master Sergeant (Adjudant – OR-8) Maxime Lenoir was to be promoted to 2nd Lieutenant in 1917. His disappearance in history handbooks for almost a century remains a mystery. Moreover, avgeeks, online gamers as well as modelists used Lenoir’s features « Trompe la mort III », « Max », and « Backjumper » tagged from markings just along with Guynemer’s « Vieux Charles ». No wonder if Maxime Lenoir recovered his position in aviation history for at least two books featuring the former ace are to be published between 2015 and 2016 – and quite rightly so. Among the 100 WW1 heroes, Lenoir turns out to be the 5th ace in victories out of 21 aces, and the second « Dead for France » ace after… Guynemer!

Summary:

ACE OF ACES – VERDUN 1916

Didier Lecoq (a historian and a journalist who is the co-author of L’Aviation militaire en Indre-et-Loire) was the first who had pointed out Maxime Lenoir, the forgotten ace, this ‘“Guynemer of the Loire Valley”’ since 2010. Without him, Lenoir would still be a forgotten ace. Only a few other people had remembered Maxime Lenoir’s feats before – his family, and two friends of theirs, Abel Anjorand and Philippe Girard.

Maxime Lenoir, who had trained in Buc, had been performing « Looping the loop » on his « Backjumper » Blériot XI throughout France in airshows since February 7, 1914.
Lenoir scored 11 victories and was reported missed in action on October 25, 1916. Didier Lecoq found out in September 2014 that Lenoir was shot down:

http://aeroplanedetouraine.fr/croix-rouge/

Then in November 2015, he was reported from a historian in Berlin that the Germans erected a printed cross on Lenoir’s tomb in his honour.

http://aeroplanedetouraine.fr/lenoir_tombe/

For the record, Maxime Lenoir was as of October 25, 1916 :

The Verdun ace of aces for 4 months from June till October 1916
Ace of aces among the Allies killed in action; until RFC Cpt Albert Ball’s death on May 6, 1917
1st French double ace killed in action
2nd double ace among the Allies killed in action
3rd in victories among all the pilots killed in action
3rd French ace killed in action after Pégoud and de Rochefort
5th double ace in the world killed in action
7th French pilot killed in action
14th ace in the world killed in action

He may have been the first pilot in the world who shot down a Drachen-type balloon on June 15, 1915 – to be confirmed as we are still searching. That operation was highly risky since those sausage-balloons were fiercely defended by ground-based air defenses. Reginald Warneford, a brave British pilot had downed a Zeppelin 8 days before. Shooting down a Zeppelin was a different business – an altitude challenge to make it short. On the one hand, Warneford became famous for this feat. He was awarded the prestigious Victoria Cross and the Légion d’Honneur. On the other hand, Lenoir’s Drachen victory was barely noticed. It was recognized several months later and few people figured out how fierce a battle it involved.

He would have been the first pilot in the world who shot down a heavy bomber Gotha on September 25, 1916. Only a handful of gallant pilots managed to shoot down such a flying fortress. Neither Fonck, nor the other allied aces downed a Gotha. Only Guynemer, helped by Chainat recorded a victory, a Gotha claimed on February 8, 1917. Nungesser, the redoubtable ace, shot down two Gothas. Maxime Lenoir suffered a lot from that air combat which left him a wound or a bruise to the edge of his left eye.

Among those killed in action, according to the number of victories, Lenoir was number 1 among the allied aces and the 3rd in the world. This is why his MIA spread around the world in the press.

The German ace Oswald Boelcke died three days later, on October 28, 1916 with 40 victories. The French recorded two major losses in 1917 :
René Dorme (23 victories) was KIA on May 25, 1917;
Georges Guynemer was KIA on September 11, 1917.

(as of January 31, 2016)

Step by step, as it is being confirmed, it turns out that Maxime Lenoir may have been the Ace of aces out of Verdun sky in 1916. At least between July and October 1916 while the French Poilus were through a glorious stage, regaining Fort Douaumont, then Fort Vaux. There is now a better understanding of that German prisoners claims about Lenoir’s attacks in interrogations. After checking, Lenoir was used to flying due north beyond Verdun, overhead Douaumont and beyond more often than Nungesser for instance. Perhaps it was why his SPAD VII was marked « TROMPE LA MORT III » – Death-dodger III – on his fuselage. This confirms Jacques Mortane’s articles which praised Lenoir as one of the best aces at that time.

Obviously, Maxime Lenoir also flew a Nieuport 17 in late 1916 equipped with an Éclair propeller from Marcel Dassault (Bloch at that time). The plane must have been very maneuverable at that time. It is the first tiMédaille d'or de l'Aéroclub de France 1917 - Gold Medalme we have seen an Éclair propeller mounted on this type of aeroplane. The picture cannot be published at this time.

Last but not least, Maxime Lenoir, the 11-victory ace, was awarded the Legion d’honneur, Médaille militaire, Croix de guerre with 8 palms, as well as the notorious Aeroclub of America, and Aeroclub of France gold medals! He was the first ace with Guynemer and a few others to be awarded these awards!

Postscript: it is the second article this blog has tagged « Maxime Lenoir » as another post featuring his name had been posted here: http://airforces/2009/11/11/all-the-ww1-aces-of-the-french-air-force-23/

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En français:

Maxime Lenoir & Nieuport - summer 1916
Maxime Lenoir & Nieuport – summer 1916

Maxime LENOIR aurait eu 126 ans aujourd’hui.

Il fut autrefois un des plus connus et talentueux pilotes de sa génération. Il avait été pionnier de l’aviation alors qu’il faisait partie de ces quelques pilotes capable d’accomplir des boucles en voltige à la suite d’Adolphe Pégoud entre 1913 et 1914. Il s’engagea dans quelques courses d’avions et de nombreux meetings aériens sur son Blériot XI surnommé  »Backjumper ». La presse locale, nationale et internationale commença à publier des articles sur son sens prodigue du pilotage dans les nombreux meetings aériens étant donné que les spectateurs l’acclamaient à chaque fois qu’il se produisait. Par exemple, il fut porté en triomphe après avoir avoir accompli des figures acrobatiques au-dessus du terrain d’aviation de la famille Girard, « La Girardière » à Chargé son village natal en Indre-et-Loire où jusqu’à 5000 personnes s’étaient rassemblées pour assister à son show aérien en mai 1914.

Alors que la notoriété de Lenoir était croissante, l’archiduc François-Ferdinand fut assassiné et la  »Guerre européenne » éclata. Il s’engagea dans l’armée peu de temps après. Malgré ses compétences exceptionnelles en tant que pilote, Maxime Lenoir fut malheureusement contraint de rejoindre la cavalerie française. Il continua ensuite à demander une mutation vers l’Aéronautique militaire récemment créée par le général Hirschauer et devint pilote de chasse. Toutefois il fut d’abord affecté au réglage du tir à l’escadrille C18, puis il fut affecté à l’escadrille N23 comme pilote de chasse. Il mena une guerre terrible au dessus des tranchées et engagea des combats aériens acharnés contre l’aviation prussienne au dessus de Verdun. Il devint un des premiers pilotes à abattre un ballon. Après quelques victoires en 1915, il devint le meilleur pilote de chasse de la N23 en 1916 avec 11 victoires, ainsi que le plus décoré parmi des noms prestigieux : Pinsard, Casale, Gilbert, de Beauchamp, Rochechouart de Mortemart, Brindejonc des Moulinais, Roland Garros, Pulpe (venant de Russie), Baumont, etc.

D’après des témoignages de soldats allemand, Lenoir était un as très adroit et redoutable. Ils le connaissaient comme ils connaissaient Navarre, Nungesser, Guynemer, Dorme et bien sûr Boelcke. Il est important de rappeler que Mannock, Rickenbacker, Collishaw, Bishop, Löwenhardt, Little, Udet, McCudden, Fonck, Von Richthofen, Beauchamp-Proctor, and McLaren n’étaient pas aussi célèbres à ce moment là car certains d’entre eux n’étaient pas des as ou ne comptaient pas autant de victoires. La guerre aérienne entre 1914 et 1916 était totalement différente de celle menée entre 1917 et 1918. Comme Lenoir avait été formé au terrain d’aviation de Buc chez Blériot, la meilleure école d’acrobatie aérienne, il parvenait à échapper au feu ennemi lorsque sa mitrailleuse s’enrayait. Comme un toréador et de façon très habile, il savait comment leurrer les aéroplanes ennemis lorsque ses camarades pilotes subissaient un feu nourri. C’était le roi de l’esquive mais il prenait beaucoup de risques, trop peut-être. Il revint plusieurs fois au terrain de Vadelaincourt son avion criblé de balles. Il n’hésitait jamais à voler au secours de ses camarades pilotes à chaque fois qu’il le pouvait puisqu’il osait faire face à plusieurs appareils allemands d’affilée. Il avait la réputation d’être un très bon ami ainsi qu’un véritable salut dans le ciel de Verdun. Par exemple, lorsqu’il apprit que son ami Navarre (surnommé  »la sentinelle de Verdun ») avait été abattu et grièvement blessé le 17 juin 1916, il décolla immédiatement. Seul, il se rendit sur les lieux où son ami avait été abattu et fonça sur un LVG C qu’il descendit sans tarder. Il devint si célèbre que son nom ou son portrait figurait sur des magazines, des emballages de bonbons et des vignettes parmi les plus grands as au temple de la renommée.

Maxime Lenoir totalisait plus d’une centaine de missions de guerre, ce qui était considérable à cette époque. Blessé à deux reprises en combat aérien, il continua à livrer des combats aériens. Il décolla le lendemain de la reprise du fort de Douaumont ravagé par la bataille. Alors qu’il était en mission de guerre le 25 octobre 1916 lors de la reprise de Fort Douaumont sur son légendaire SPAD VII marqué du surnom  »Trompe la mort III » il fut porté absent ce soir là puis disparu et ce n’est que bien plus tard qu’il fut déclaré  »Mort pour la France ». On ne l’a cependant jamais retrouvé malgré de multiples recherches.

Malheureusement, voilà pourquoi l’histoire de l’aviation l’a oublié pendant presque un siècle. L’un des plus brillants pilotes avait disparu de l’histoire de la première guerre mondiale. Son souvenir subsistait tout de même dans quelques livres en anglais et Jacques Mortane, le journaliste français laissa plusieurs publications soulignant le rôle de Maxime Lenoir dans l’aviation et le combat aérien. Puis plus rien, on n’écrivit presque rien sur ce pilote qui fut décoré de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire, la Croix de guerre, ainsi que lui furent attribué les prestigieuses médailles d’or de l’Aéroclub d’Amérique et de l’Aéroclub de France!

Trois hommes seulement, ont su conserver son souvenir intact. Abel Anjorand qui a toujours été un ami de longue date de la famille Lenoir. Il a compilé toute une série de documents et d’images pour laisser une trace de l’as du village à de futures générations. Philippe Girard se souvient des histoires de sa famille qui a reçu Maxime Lenoir et son Blériot XI dans leur ferme de la Girardière en mai 1914. Didier Lecoq, journaliste et historien révèle depuis quelques années les exploits de Maxime Lenoir sur son site aeroplanedetouraine.fr . L’as de la première guerre mondiale aurait pu rester caché pendant peut-être encore quelques décennies sans le magnifique travail de Didier Lecoq.

Il y a enfin une bonne nouvelle puisque depuis l’été dernier, les responsables nationaux et régionaux reconnaissent officiellement Maxime Lenoir comme le héros de la Grande guerre pour la ville de Tours et l’Indre-et-Loire dans l’opération de commémoration  »100 villes, 100 héros, 100 drapeaux ». Une cérémonie pour rendre hommage au héros local s’est déroulée dans la capitale de Touraine, place Anatole France sur la rive gauche de la Loire le vendredi 19 septembre 2014. La famille Lenoir, leurs amis et des anciens combattants ont assisté à la cérémonie qui s’acheva dans la majestueuse salle des fêtes de l’hôtel de ville.

Bien qu’il ne le sut pas, l’adjudant Maxime Lenoir devait être promu sous-lieutenant en 1917. Sa disparition des manuels d’histoire pendant presque un siècle demeure un mystère. Ce qui est encore plus étrange, c’est que des fans d’aviation, des joueurs en ligne ainsi que des modélistes ont utilisé des symboles de Lenoir comme  »Trompe la mort III »,  »Max » et  »Backjumper » tirés pour certains de décalcomanies accompagnant le  »Vieux Charles » de Guynemer. Ce n’est pas étonnant que Lenoir retrouve sa place dans l’histoire de l’aviation car au moins deux livres évoquant l’ancien as doivent paraître entre 2015 et 2016 et fort justement. Parmi les 100 héros de la Grande guerre, il s’avère que Lenoir est le 5ème as par le nombre de victoires sur un total de 21 aviateurs et il est dans cette liste le second as  »Mort pour la France » juste après… Guynemer !

En résumé:

L’AS DES AS DE VERDUN 1916

Didier Lecoq (historien et journaliste à La Nouvelle République, co-auteur de L’Aviation militaire en Indre-et-Loire) a le premier fait resurgir Maxime Lenoir, l’as oublié, ce ‘“Guynemer de Touraine”’ depuis au moins 2010. Sans lui, Lenoir serait toujours un as oublié. Avant lui, peu de gens se souvenaient des exploits de Maxime Lenoir: sa famille et deux de leurs amis: Abel Anjorand et Philippe Girard.

Maxime Lenoir, formé à Buc, exécutait à travers la France des représentations ‘“Looping the loop”’ sur Blériot XI depuis au moins le 7 février 1914.
Lenoir avait 11 victoires et fût porté disparu le 25/10/1916. En septembre 2014, Didier Lecoq découvre que Lenoir a été abattu :

http://aeroplanedetouraine.fr/croix-rouge/

Puis en novembre 2015 il reçoit l’information d’un historien collectionneur berlinois selon laquelle Lenoir aurait aussi reçu l’honneur d’une croix gravée par les allemands :

http://aeroplanedetouraine.fr/lenoir_tombe/

Pour mémoire, Maxime Lenoir était au 25 octobre 1916:

L’as des as de Verdun depuis 4 mois
As des as parmi les Alliés morts au combat, jusqu’au 6 mai 1917 (Albert Ball)
1er double as français mort au combat
2e double as parmi les Alliés morts au combat
3e as au monde en nombre de victoires parmi les pilotes morts au combat
3e as français mort au combat après Pégoud et de Rochefort
5e double-as au monde mort au combat
7e pilote français mort au combat
14e as au monde mort au combat

Il a peut-être été le premier pilote au monde à abattre un ballon de type Drachen en juin 1915. (à confirmer, cherchons toujours) Cette opération était hautement périlleuse tant ces ballons étaient bien défendus par des batteries sol-air. Reginald Warneford, un vaillant pilote britannique avait abattu un Zeppelin 8 jours plus tôt. Descendre un Zeppelin était une toute autre affaire – en très bref, il s’agissait de prendre l’ascendant en termes d’altitude. D’un côté de la Manche, Warneford devint célèbre pour cet exploit. Il a été décoré de la Victoria Cross et de la Légion d’Honneur pour cette première. De l’autre côté de la Manche, le Drachen abattu par Lenoir fût à peine mentionné. Il ne fut reconnu que bien plus tard (plusieurs mois) car peu de gens pouvaient s’imaginer quel âpre combat aérien cela impliquait.

Il aurait accompli l’exploit d’être le premier au monde à abattre un Gotha le 25 septembre 1916. A l’exception d’une poignée de pilotes valeureux, ni René Fonck, ni les autres as alliés ne seraient parvenus à abattre une telle forteresse volante. Seuls Guynemer, avec l’aide de Chainat aurait enregistré une victoire sur Gotha le 8 février 1917. Quant à Nungesser, le redoutable, il en aurait descendu deux. Maxime Lenoir a beaucoup souffert de ce combat qui lui a laissé une blessure sur le coin de l’oeil gauche.

Parmi les morts au combat, au nombre de victoires, il était n°1 du côté des alliés et le 3e as au monde, ce qui explique l’écho de sa disparition dans la presse internationale.

L’allemand Oswald Boelcke est mort au combat 3 jours plus tard, le 28 octobre 1916 avec tout de même 40 victoires. Côté français, deux pertes au moins aussi importantes en 1917 :
– Le français René Dorme (23 victoires) est mort au combat le 25 mai 1917
– Georges Guynemer est mort au combat le 11 septembre 1917.

Cela se confirme peu à peu, il apparaît que Maxime Lenoir était probablement l’As des as du ciel de Verdun en 1916. Du moins entre juillet et octobre 1916 dans une période victorieuse française (reconquête de Douaumont puis Vaux) On comprend mieux les témoignages des prisonniers allemands lors d’interrogatoires. Après vérifications, Lenoir allait toujours plus au nord de Verdun, au-dessus de Douaumont et au-delà, bien plus souvent que Nungesser par exemple. D’où peut-être une part de son surnom sur son fuselage « TROMPE LA MORT III ». Ceci confirme les articles de Jacques Mortane qui considérait Lenoir comme un des meilleurs as de l’époque.

Visiblement Maxime Lenoir volait aussi fin 1916 sur un Nieuport 17 modifié avec hélice Éclair de chez Marcel Dassault (Bloch à l’époque). L’appareil devait être extrêmement maniable pour l’époque. C’est la première fois que nous voyons une hélice Éclair sur ce type d’appareil. On ne peut pas publier la photo pour le moment.

Enfin et surtout, Maxime Lenoir, l’as aux 11 victoires, a été un des premiers à être décoré de la Legion d’honneur, la Médaille militaire, la Croix de guerre avec 8 palmes. Chose tout à fait exceptionnelle, on lui a aussi décerné les médailles d’or de l’ Aeroclub d’Amérique et de l’Aeroclub de France. Il a été le premier as avec entre autre Guynemer à recevoir de telles distinctions.

Post-scriptum: c’est la seconde fois que Maxime Lenoir figure dans un article de ce blog: http://airforces.fr/2009/11/11/all-the-ww1-aces-of-the-french-air-force-23/

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